26 janv. 2009

La montagne aux sept couleurs

23 Jan 09

Purmamarca retient toute note attention : nous passons une journée supplémentaire à profiter de ce lieu magique en nous baladant à pied dans et autour de ce village. Grand de quelques « quadras » (pâté de maisons) et aux ruelles en terre, cet endroit est un coin de paradis au milieu des traditions andines. La place du village, qui fait face à l’église datant du 17ème, regorge de multiples étales d’artisanat. L’architecture est simple, les maisons sont en adobe, en pierre de terre du pays. Et puis, il suffit de s’élever de quelques mètres pour découvrir le trésor de ce village, sa Quebrada. Situé en aval du Cerro aux sept couleurs, Purmamarca bénéficie d’un emplacement somptueux. Les montagnes qui le protègent sont chacune d’un ton différent correspondant à différentes datations sédimentaires. Ce que l’on retient surtout c’est que le vert se mêle et s’entremêle au violet, au rose saumon, au jaune ocre, à l’orange, au bleu et enfin au blanc en dessinant des vagues en arc en ciel.

Encore plus ici, nous constatons que cette culture andine, proche de celle de la Bolivie et du Pérou, nous a marqué. Les Andes sont une région à part avec leurs traditions culturelles, culinaires et folkloriques. Les andins ont le sens de la famille et de l’entraide, ils ne rechignent pas devant l’effort même s’ils profitent en grande partie du tourisme. Ils sont un exemple de tolérance tout en n’étant pas forcement très respectueux envers les lois et codes de « bonne conduite ». Ils se transmettent leur savoir musical de générations en générations. Dans ce village, retentissent percussions, flûtes et banjos. C’est une particularité de la région que de jouer de la musique de jour comme de nuit, sur la place ou dans les restos. On parle de ces villages comme étant des « peña », des endroits où il est possible de renouer avec les traditions folkloriques (la musique et les danses) et culinaires. C’est ainsi que nous profitons d’un concert de musique andine pour le diner autour d’un mythique emapañada au « charqui de llama » (viande de lama séchée et fumée). C’est d’abord un jeune homme seul qui nous montre ces talents de joueur de « zampoña ». Puis, un binôme père-fils nous offre deux heures inoubliable : le fiston à la guitare, le père jonglant avec l’ensemble des instruments traditionnels andins. Le tout avec une musicalité qui nous ravie et nous fascine. Nous constatons également que nous sommes que trois touristes étrangers entourés d’une vingtaine d’argentins. Les argentins voyagent beaucoup dans leur pays sur les traces de leurs origines. Nous nous endormons avec le sourire, heureux.

Aujourd’hui, une petite étape, 150 kms tout au plus. Nous remontons le long de la Quebrada Humahuaca en direction du nord. Les mêmes paysages colorés nous enchantent. Nous errons de villages en villages.
Maïmara, premier village, est notre camp de base pour la nuit. Encore plus petit que Purmamarca, nous dégotons malgré tout une chambre bon marché qui se révèle être un vrai appartement : chambre, salle de bain, cuisine et salle à manger, quasiment grand comme notre ancien « chez nous ». Cela nous permet de cuisiner maison ce soir : fettucini aux champignons, merci Knor !
La pause déjeunée se fait dans le village de Humahuaca, authentique village andin. Nous arpentons les ruelles, le mirador qui surplombe le village et à l’emplacement duquel se trouvait l’ancienne église et la place verdoyante du village. Il fait une chaleur de plomb alors que nous sommes à 2900 m. Nous nous laissons donc tenter par une sieste digestive sur les hauteurs du village. Nous ne perdons pas une miette de la vue autour de nous. Avant de partir, nous ne résistons pas à l’achat de deux paquets de feuilles de coca pour notre maté de la soirée. Le sevrage depuis l’entrée au Chili était difficile... La vente et la consommation de coca sont illicites en Argentine mais reste cependant tolérées dans cette partie du pays proche de la Bolivie. Nous espérons que nous ne seront pas trop contrôlés dans les jours prochains car des deux petits sacs, il en reste un planqué au fond du sac à dos. Les contrôles de gendarmerie et de police sont fréquents en Argentine et se font pour un rien sur la route au beau milieu de nulle part. Il y a aussi les contrôles sanitaires lorsque l’on passe d’une province à une autre qui, eux, vérifient la non importation de produits fruitiers et laitiers venant d’une autre région.
Nous poursuivons la route par le village de Tilcara, bien plus important que les autres et aux allures de lendemain de férias : beaucoup de touristes et d’argentins éméchés ayant manifestement trop fêté le folklore musical à la bière du pays (la Salta Negra). Résultat, une odeur âcre d’alcool et des gens qui cuvent allongés un peu partout par 40°C. Nous poussons tout de même sur une piste en direction de la grotte dite du diable, qui serpente en lacets le long de la montagne. De là, nous obtenons un point de vue panoramique magnifique de la Quebrada. Le soleil se levant à l’opposé de la Quebrada, nous décidons de revenir le lendemain matin aux lueurs du lever de soleil qui rendront aux parois tout leur éclat.

Retour sur les traces du diable ce matin. Nous bénéficions d’un temps inouï pour la région et encore un grand ciel bleu, s’en est fatiguant ! Mais nous ne boudons pas notre chance pour autant et sautons sur l’occasion pour aller jeter un dernier coup d’œil aux vagues multicolores de la Quebrada. Il est 8h30, il fait doux, personne, pas un bruit, juste le souffle du vent frais du matin. Nous restons tous les deux à écouter ce silence en profitant du paysage. Qu’est ce que nous ne donnerions pas pour ouvrir nos prochaines fenêtres sur un tel décor. Mais assez rêver, l’étape de la journée est endurante : se rapprocher d’Iguazu qui n’est qu’à 1700 kms de là où nous nous trouvons. En somme, nous avons un peu de route. Nous redescendons vers Salta par la ruta 9. Le paysage change et verdit de plus en plus. La RN 9 est évolutive, tantôt à deux voies, tantôt autoroute qui n’en est pas, tantôt aussi large que Cerise pour faire 60 kms de lacets de montagne. Nous passons une petite dizaine de contrôles de police, pour l’heure tout va bien pour nous. Puis, la route se transforme en une longue ligne droite de 300 kms assez peu empruntés. Il faut éviter les trous de droite et de gauche, contrôler les décollages de Cerise dus aux déformations de la chaussée et surtout, le plus dur, il faut éviter les biquettes, les meuh meuh, les moutons, les ânes, les chevaux, les chiens et parfois les enfants qui tous, traversent sans regarder. Un oiseau, quant à lui, n’a pas eu la même chance…
21h00, nous avons bien avancé, nous sommes à Corrientes au sud de la péninsule des Missiones. Environ 1000 kms pour la journée. Nous espérons trouver une TV câblée pour suivre d’un peu plus près l’Open d’Australie !

Armelle & Flo









3 commentaires:

Anonyme a dit…

Que de belles descriptions et que les couleurs sont surprenantes !
La tendre photo de vous 2 pourrait faire la UNE d'un magazine avec comme titre d'article "le monde de ELLE et LUI" !
ou "PLAVENTRE sur le monde" ! Bref...
Quel plaisir de vous voir en si bonne forme .
Ici, les arbres tombent...et font comme vous mais sans la grâce!
Bien des bisous à vous 2.

Anonyme a dit…

Coucou les amoureux,
C'est l'histoire du mère au foyer débordée !!! même plus le temps d'écrire !! Bravo, vos photos sont toujours aussi superbes .... on voudrait y être.
Un gros bisous de toute la famille ; à bientôt j'espère par Skype !
Alexia

Veroby a dit…

Purmamarca .... Ce que l’on retient surtout c’est que le vert se mêle et s’entremêle au violet, au rose saumon, au jaune ocre, à l’orange, au bleu et enfin au blanc en dessinant des vagues en arc en ciel... : en suivant votre périple sur Google Maps, c'est exactement cette description que l'on peut faire ! Impressionnant !
Pour le calcul d'itinéraire entre deux villages, il se déclare forfait. Pas aussi doué que cerise II (ou ses pilotes).