24 janv. 2009

Ruta 40 et pistes en folie

20 Jan 09

Nous sommes à Cafayate. Petit village avec ses rues en terre. C’est aussi le début de la route du nord, passage assez touristique. Nous retrouvons, par conséquent, beaucoup de monde et des tarifs qui s’envolent. Le village ressemble à un immense centre pour touristes avec son artisanat « local », ses multiples hôtels, ses restaurants en tout genre et ses bars. Il conserve néanmoins un caractère andin assez sympathique mais est de plus en plus prisé car il se situe aussi au milieu des vignobles. Cette pause nous permet de nous ravitailler en protéines en dégustant, une nouvelle fois, les steaks de Chorizo, incomparables.

Nous partons de Cafayate ce jour pour rejoindre Salta plus au nord. Nous évitons la route directe en préférant prendre la Ruta 40 : 400 kms dont la moitié en piste. Cette route passe par les célèbres vallées Calchaquies, sorte de vallées verdoyantes au milieu de montagnes colorées et découpées. Elle traverse également la Quebrada de las flechas (les Quebradas sont des canyons). Ici, la piste se perd en ce vaste labyrinthe de formations rocheuses plissées et abruptes. Cela pourrait ressembler à la formation d’un glacier mais en roches. Voyager en voiture est apaisant, il suffit juste de laisser flotter son regard autour de soi et de profiter. Cela compense largement la fatigue due à la conduite sur piste généralement sinueuse. Une de nos pauses nous fait rencontrer un groupe de cyclistes argentins, sexagénaires dans la force de l’âge, qui parcourt quasiment le même trajet que le nôtre mais à VTT, incroyable. Nous ne pouvons que les féliciter pour leurs exploits car dans cette région, ça monte, ça descend, il fait chaud mais aussi froid à chaque franchissement de col et le vent est toujours présent. Nous poursuivons notre route et traversons la Valle de los Cordones (vallée de cactus). La Ruta 40 nous mène jusqu’au charmant village de Cachi où nous déjeunons sur une terrasse ombragée de vigne. Accessible uniquement par la piste, il est perdu au milieu des montagnes ce qui lui donne son caractère authentique et préservé d’un village andin : une place centrale juxtaposée à une petite église, quelques rues adjacentes en terre battue et des marchands ambulants venus aguicher le touriste égaré. On est fan. Nous reprenons la route, la vraie, pour quelques kilomètres seulement. Le ciel s’obscurcit, les degrés chutent, Cerise n’indique plus que 7°C et face à nous un tout autre paysage. Une chapelle en haut d’un col à environ 4000 m sur un fond de prairie verte chlorophylle, des moutons et une imposante montagne sous les nuages. En quelques mètres, nous sommes passés d’une vallée désertique à cactus aux Costwolds de Cheltenham. Nous descendons tranquillement cette longue piste en lacet qui serpente sans fin en ne perdant pas une miette de la luminosité si particulière du paysage.
Nous arrivons à Salta en fin d’après midi : un plein d’essence, quelques courses et rebelote, nous partons à la recherche d’un hôtel. Salta est une grande ville qui s’étend dans un bassin entouré de pics verdoyants. Et comme toute grande ville, ce sont beaucoup de voitures, de bruit et de monde. C’est la ville la plus animée du nord du pays. Nous passons la nuit dans un hostal plutôt lugubre mais le seul disponible dans le budget !

Nous profitons du temps clément du moment pour commencer la journée par une visite de la ville. En effet, Salta et sa région ont la réputation d’être humides. De belles églises, une place centrale verdoyante et fleurie voilà ce que nous retiendrons de Salta. La ville ne nous semble pas être un incontournable de l’Argentine. Nous repartons direction Purmamarca via le village de San Antonio de los Cobres. Les paysages à la sortie de la ville sont tout de suite impressionnants. On retrouve ces mêmes formations rocheuses arrondies aux mille couleurs. La route, qui suit le tracé du train des nuages (équivalent du train des Andes au Pérou) en inactivité, puis la piste, que nous retrouvons inévitablement, nous mènent au village de San Antonio à 4200 m. Nous avons le sentiment, en le traversant, de renouer avec les traditions du sud péruvien et bolivien. Il faut dire que nous sommes proches des frontières de ces deux pays et donc de l’influence andine globale. Les habitants ont le visage bien plus typé andin que partout ailleurs dans le pays. Les femmes proposent leurs ponchos et autres tapis faits main quant aux enfants, ils se ruent sur nous pour nous vendre une poupée tricotée en laine de lamas. Nous retrouvons les vigognes que nous avions délaissées depuis le nord du chili. Et la restauration est … locale ! Il nous reste 100 kms de piste avant d’atteindre les « salinas grandes » (un désert de sel). 25 kms après le village, une femme âgée, courbée sous le poids de ses deux baluchons portés dans le dos, marche seule le long de la piste. Aucun village à moins de 50 kms et stupéfaits de la rencontrer ici, nous lui proposons de l’avancer plus loin sur la piste. Manifestement, cette femme n’a pas du nous comprendre à voir le regard noir qu’elle nous a jeté, sans doute devait elle parler uniquement le quechua. Nous n’insistons pas même si cela nous fait mal au cœur de la laisser marcher ainsi. Nous arrivons au salar après avoir avalé les kilomètres de piste et les 4X4 de touristes. Nettement moins étendu en superficie que celui d’Uyuni en Bolivie, il est également d’une grande beauté. Nous nous aventurons, avec Cerise, sur les premiers cent mètres du salar. Elle fait ses « papattes de velour », comme un félin à l’affut, car les craquements du sel sous ses pneus laissent penser que l’on se trouve sur un lac gelé dont la glace pourrait céder à tout moment. Nous nous adonnons ensuite à notre loisir préféré depuis que l’on est parti à savoir la séance photo. La luminosité est réellement étrange, d’un côté, un grand ciel bleu avec un sel blanc aveuglant et de l’autre, l’orage nous guette, les nuages sont bas et gris. Une vision apocalyptique. Nous restons ici un long moment juste à regarder tous azimuts. Au loin, nous distinguons les montagnes qui encerclent le salar. Allongés sur ce sol de cristaux de sel, tels des diamants, notre regard est perdu à l’infini dans ce blanc immaculé.
Il nous reste 80 kms avant d’arriver à Purmamarca, minuscule village en aval du Cerro de los Siete Colores (Mont des sept couleurs), notre prochaine halte de repos pour les jours prochains. Nous faisons la route avec Sebastian, un argentin de Buenos Aires en vacances dans le nord, que nous prenons en auto stop. Après avoir pesté contre bons nombres de véhicules qui nous avaient ignorés sur le bord de la route, il est normal que son sort ne nous laisse pas insensibles. Sebastian, très bavard, nous raconte sa vie pendant une heure. Il n’est pas toujours facile de le comprendre car il parle vite et avec le fameux accent argentin des « ch » mais nous passons un bon moment avec lui.
Nous décidons finalement de nous offrir deux nuits d’hôtel (un rabe de cadeau de Noël) dans un endroit luxueux digne d’une lune de miel. L’hosteria, au cœur du village, est au pied de ces fameuses montagnes multicolores. Un bon moment de repos en perspective dans une région spectaculaire.

Armelle & Flo









1 commentaire:

Anonyme a dit…

Oh que vous êtes mignons ... et bronzés !
Big bisous
Sandrine & Tof