16 août 2009

Mzuzu

5 Aout 09

Si je retrouve la nana au Mozambique qui nous avait dit : «Oui, il parait que le Malawi est magnifique mais un petit peu aseptisé… », je crois que je lui demanderais de nous accompagner, juste 24 heures. De la terre qui vole partout, des hébergements qui font communion avec la nature, des coupures d’électricité fréquentes, des commerces pas vraiment approvisionnés… Paris, tu nous manques !

Mzuzu est la troisième ville du Malawi. Pas vraiment un endroit branché pour touristes. Il faut un peu de temps pour se défaire de l’idée selon laquelle on ne peut pas accepter si peu de confort. Mais l’être humain s’habitue aussi vite aux dangers des animaux sauvages qu’aux conditions de vie spartiates. Ce qui ne nous empêche pas de rêver, là maintenant, à une bonne douche chaude avec de la lumière, ou plus simplement à un vrai dodo dans un lit propre… ou, allez ne soyons pas trop gourmands, à un repas sans « chicken-rice » !

Et pourtant, on s’attache assez vite à cette ville. Pas de rabatteurs, pas d’arnaque et des autochtones particulièrement gentils et avenants. Une ville à taille humaine avec sa dizaine de ruelles, un village chez nous. Nous avons apprécié… m’enfin pas pour y rester une semaine ! Il faut admettre qu’ils ne font pas grand-chose pour retenir les étrangers que nous sommes.

En premier lieu, pour se restaurer, le choix est souvent unique : chicken-rice. On peut à la limite tenter le chicken-Nshima (Nshima, sorte de purée de maïs) mais l’absence de goût de ce met dissuade toute nouvelle tentative. On peut aussi s’essayer au beef-rice, mais on aura à se battre avec une belle semelle de zébu et comme seule arme un couteau sans dent. Donc, nous connaissons notre menu pour le déjeuner et le diner. Reste le petit déjeuner…copieux. C’est certain, la première fois on succombe aux « toasts, œufs brouillés et saucisse ». On se dit que ça change et puis que ça permettra de faire le plein pour la journée. Pari tenu. Notre estomac nous en parlera pendant bien plus qu’une journée de ce petit déjeuner qui baigne dans une huile pas vraiment récente. On a tout gagné : en plus de manger notre plat unique midi et soir, on a l’estomac retourné avant même de rentrer dans le « restaurant ». Du coup, on peut être tenté de faire le malin en recherchant le resto qui proposera le chicken rice au meilleur prix, on ne risque rien. Alors on l’a trouvé hier, on en a eu deux pour trois euros. Côté chicken, c’était deux os de grenouille sur lesquels une malheureuse viande de poulet s’était égarée.

A défaut de manger gastronomique, nous cherchons l’hébergement dans notre budget qui nous fera passer une bonne nuit. On veut juste un lit et une douche chaude même collective. Nous avons fait deux « hôtels » en deux nuits. Pour le lit, pas de souci, ils ont. Le matelas n’est pas tout jeune, la moustiquaire peut laisser passer des mouettes, l’odeur d’humidité est persistante, les draps ne sont globalement pas trop sales mais au global et en photo, ça peut faire illusion… Par contre, pour une douche ça se complique. Pourtant, on prend soin à chaque fois de demander s’il y a de l’eau chaude, toute la journée… La réponse est toujours la même : « Yes, no problem ». Après il y a deux écoles. Celui qui part à la douche, le soir ou le matin tôt, se déshabille puis ouvre les robinets. La plupart du temps, l’eau ne coulera pas. Le pire, c’est lorsqu’elle coule deux minutes, le temps de se mouiller et de se savonner, puis plus rien ! Le top, c’est lorsque la coupure d’électricité générale intervient à ce moment là, on est heureux. Hors, à ces heures là, il est bien difficile de trouver mieux qu’un gardien de nuit qui ne sait pas comment nous aider. La technique qui gagne est de partir faire couler l’eau à peine arrivé dans sa chambre. Après, il faut juste être patient avec un temps de traitement qui oscille entre une et trois heures. Il arrive que même après cela, il n’y ait toujours pas d’eau chaude voire pas d’eau du tout. Et on entend invariablement : « I’m so sorry ». Filou. Si on est chanceux, on nous prévient que tout fonctionne. Il faut alors se précipiter prendre sa douche (ce n’est pas le moment de faire son difficile) et espérer que l’eau coule pendant deux minutes. On se déshabille dans la douche qui n’a bien souvent plus de rideau, on écarte les quelques bestioles au sol et on fonce. Très vite, la peur nous rattrape, le jet continu du début à tendance à se raréfier pour devenir un mince filet d’eau. Pas grave, on a pu se laver ! Enfin, si après ces longues journées, nous comptions sur quelques longs dodos réparateurs, il faut oublier : à 6h au plus tard, les africains sont debout et la faible épaisseur des murs ne nous laisse pas l’opportunité de finir notre nuit.

Côté commerces, il y a ce qui faut à Mzuzu, Du marché local à la superette « PeopleZ », en passant par les marchands ambulants de fruits et légumes. A première vue, on se dit que ça va permettre de refaire des provisions et de compléter les repas. Alors, on se dirige d’un pas léger vers la grande boulangerie à la façade repeinte en blanc et dont l’odeur de pain est irrésistible. A quelques mètres du but, nous apercevons à travers les grandes baies vitrées un nombre impressionnant d’étalages aussi bien devant que derrière la boulangère. On commence même à se voir avec une bonne tarte aux fraises entre les mains. On s’emballe, naïvement. Les étalages sont tous vides, il n’y a même pas un bout de pain qui traine. La boulangère est sympa mais elle ne peut que nous proposer d’attendre « un peu » pour avoir du pain, rien d’autre. Et malheureusement pour ce peuple si attachant, beaucoup de leurs commerces ressemblent à cela. Le Malawi, comme le Mozambique, fait lui aussi partie des dix pays les plus pauvres au monde.

La première nuit au Malawi, nous avons été surpris par la coupure d’électricité peu après la nuit tombée. On nous rassure en nous disant que ce n’est pas propre à l’hôtel mais c’est général et on nous apporte une bougie. Lorsque l’on demande la fréquence, on nous répond que c’est très rare, parfois il n’y en a pas une seule dans la semaine. Après trois nuits passées, nous avons eu trois coupures, à la même heure chaque jour et plus ou moins longue. Du coup, on est rodé et nos frontales sont prêtes !

Après deux jours et deux nuits passés à Mzuzu, nous décidons de poursuivre notre chemin en direction du lac Malawi, le troisième d’Afrique en superficie. Nous prenons un combi au terminal de bus pour faire les 45 kilomètres qui nous séparent de Nkhata bay, village de pêcheurs. Malgré l’odeur de poissons et les nombreux arrêts, le trajet est agréable avec un paysage vallonné dominé par des couleurs vertes et ocres. Il fait beau et chaud, on se croirait en été.

Nous y sommes, au bord du lac Nyassa, plus communément nommé lac Malawi. Le Malawi partage ces eaux poissonneuses avec la Tanzanie et le Mozambique. Le village est petit, il y règne une atmosphère paisible. Nous marchons à l’instinct en direction d’un « lodge » situé à quelques kilomètres au sud du village. Après une bonne demi-heure de marche sous un soleil de plomb, nous plongeons vers une magnifique petite plage sauvage avec les eaux transparentes du lac en arrière fond. Nous atteignons les premiers bungalows du lodge qui nous fait bonne impression avec ses constructions qui se fondent dans la nature. Nous nous attendons à être en dehors de notre budget… Joyce me fait visiter un bungalow « les pieds dans l’eau ». Il est construit sur pilotis, tout en bois avec une grande terrasse, vue sur le lac. Les vagues s’engouffrent sous le bungalow et lorsque le lac est calme, une petite plage privée au sable orangé se dessine devant nous. L’intérieur est relativement spacieux avec un grand lit et un petit lit, recouverts de moustiquaires. Il ne reste plus qu’à connaître le prix de ce petit bijou : 15€ pour deux par nuit ! Incroyable, nous sautons sur l’occasion et nous savons déjà que nous y passerons au moins quatre ou cinq jours… dans ce paradis préservé.

Nous avons trouvé notre bonheur pour nous reposer du mois de juillet tanzanien. La dizaine de bungalows est disséminée sur la colline et les parties communes sont sur les hauteurs avec un restaurant offrant une vue magnifique sur le lac. L’ensemble est relié par des petits chemins en pierre au milieu de plantes et d’arbres au couleur de l’automne. Les douches sont chauffées au bois ce qui assure de l’eau chaude toute la journée. Le lodge est tenu par des anglais qui ont embauché du personnel uniquement local, du manager au garde de sécurité. C’est pour eux autant un projet de développement de l’économie locale qu’un business. Tout proche, un hameau de pêcheurs semble coexister pacifiquement avec ce lodge. Et pour cause, la plupart des familles a au moins un membre qui travaille ici et surtout les british n’ont pas voulu mettre de barrière avec eux. Du coup, il est fréquent de les voir débarquer sur les petites plages pour faire leur toilette, leur lessive voire leur vaisselle, y compris devant notre terrasse. Au début, ça surprend mais très rapidement on se dit que c’est un bon moyen de mieux se connaître sans avoir l’impression d’être parqué chacun de notre côté. De plus, ils sont comme d’habitude avenants et gentils avec leur grand sourire et un anglais qu’ils améliorent certainement de mois en mois.

C’est un vrai plaisir de voir tous ces enfants profiter de la moindre occasion pour faire les pitres. Souvent torse nus, parfois nus, avec un maillot dont l’élastique doit dater du 19ème siècle, ils donnent l’impression d’être heureux, en liberté, sans contrainte. Un rappel de mon enfance dans le sud, la misère en moins. Après l’école le matin où ils apprennent avec assiduité l’anglais, nous les voyons débarquer de nulle part par petits groupes et inventer des dizaines de jeu. Leur préféré est encore de se jeter à tour de rôle d’un rocher devant notre bungalow pour faire le plus beau saut dans le lac… Les rochers affleurent de partout, les plats sur le ventre sont nombreux, ils savent à peine nager et pourtant pas un seul qui pleurniche, au contraire une succession de rigolades. Ce qu’ils adorent, c’est qu’on les regarde, ça les motive à faire davantage de cabrioles ! Nous sommes déjà tenter par l’envie de les rejoindre…pour l’heure, nous observons en les complimentant par signes. Comme tous les enfants, l’envie de jouer avec une balle dans l’eau se fait sentir. Oui mais ici, un ballon en plastique coute bien trop cher. Nous en voyons un gonfler un préservatif (qu’on espère neuf), lui faire un nœud et la partie peut commencer. Très résistant. Le Pape a tord : le préservatif est indispensable en Afrique… au moins pour faire un water polo !

Nous sommes à une bonne vingtaine de minutes du village. Tous les jours, nous allons faire nos courses (eau et petit déjeuner) et allons déjeuner au village. Le premier jour, nous reconnaissons Sergio (mozambicain) et Atsumi (japonaise), un couple que nous avions rencontré à Vilanculos, au Mozambique, et que nous apprécions pour leur simplicité. On a du mal à le croire. Ils ont repris un « salon de thé » il y a deux semaines. Ils l’ont reconverti en restaurant, le « Malawi Time ». Nous sommes surpris de voir Sergio au Malawi à près de 3000 kms de là où vit sa famille. A l’époque, il nous disait qu’il aimerait changer de boulot (il vendait de l’artisanat pour les touristes) mais il fallait aller à Maputo pour cela, à 500 kms de Vilanculos. Il ne se sentait pas de tenter l’aventure, sa famille avait besoin de lui ici. Nous soupçonnons que son amie d’origine asiatique l’ait convaincu de bouger. Elle est partie la première pour Nkhata bay, a trouvé cette affaire puis l’a appelé et il l’a rejoint. Nous prenons un succulent déjeuner chez eux (poisson frit avec son riz, accompagnés d’une ratatouille et d’un guacamole) pour moins de 5€ à deux. C’est décidé, ce sera notre « cantine » !

Nous n’avons pas d’informations sur le Malawi. Ce n’était pas un pays que nous pensions faire avant de partir. Nous feuilletons des vieux guides que nous trouvons dans notre « cantine ». Nous écartons certains incontournables biens trop touristiques comme Cap Mac Clear. Nous sommes en revanche intrigués par la description d’une petite île perdue sur le lac, Likoma Island. Avec ses quelques milliers d’habitants, cette île à 60 kms des côtes du Malawi semble correspondre à notre soif de découverte, loin des sentiers battus. L’île semble paradisiaque avec ses belles plages, ses eaux cristallines et son peuple chaleureux et accueillant. Seul hic, il n’y a qu’un seul moyen de s’y rendre : un ferry mixte. Il dessert tous les « ports » du Malawi ainsi que cette petite île : il part le dimanche du nord du lac arrive le mercredi au sud puis remonte. Il passe donc à Nkata Bay le lundi à 20h00 pour atteindre Likoma Island une dizaine d’heure plus tard. Le retour est unique, le samedi à 19h30. Ces créneaux ne nous arrangent pas spécialement, nous devons rester une semaine de plus ici pour tenter l’aventure. Mais l’envie est trop forte, nous attendrons le lundi 17 Août pour embarquer avec un retour dans la nuit du samedi 22 Août. Et puis ici, ce n’est pas comme si c’était le bagne ! Bien au contraire…

Notre journée commence bien souvent avec les éclats de rire des africains. Ils sont matinaux, de nature… pas nécessairement parce qu’une longue journée de travail les attend. Nous prenons notre petit déjeuner sur notre terrasse au soleil, déjà bien chaud. A cette heure ci (7h30), ils sont plutôt actifs. Le lundi, c’est le jour de la pêche au filet. Ils partent de la plage côté sud : deux hommes à terre pour tenir une des extrémités et deux autres dans une barque traditionnelle (creusée directement dans un tronc d’arbre) avec le reste du filet à bord. La barque décrit alors un grand arc de cercle, le plus large possible, avant de revenir sur la plage, côté nord. Le piège est tendu. Il « suffit » maintenant de tirer sur chacune des extrémités jusqu’au rivage. Il faut cinq hommes de chaque côté pour effectuer ce dur labeur pendant une trentaine de minutes. Malheureusement, le butin n’est pas souvent extraordinaire (cinq gros poissons et sinon de la friture) pour le temps passé. En même temps, le filet est troué et la remontée nous semble un peu trop lente. Cette activité les occupe toute la matinée avant de consacrer l’après midi…au bar de la plage ! De leur côté, les femmes défilent tous les jours pour faire la lessive ou la vaisselle sur les rives. Le lac sert également de douche commune pour toute la famille : ils arrivent avec un savon et se savonnent de la tête au pied avant de plonger et de faire quelques brasses. On comprend du même coup que les poissons ne regorgent pas dans le coin. Nous poursuivons notre matinée par un petit bain de soleil pour madame et l’écriture du blog pour monsieur. Peu avant midi, nous partons au village. Une bonne vingtaine de minutes plus tard, nous saluons Sergio et Atsumi avant de poursuivre en direction de la superette pour acheter de l’eau et deux sucettes ! Nous revenons ensuite sur nos pas pour nous attabler au « Malawi Time ». Nous prenons les deux plats du jour et un milk shake banana. Sur leur terrasse, nous observons les allées et venues des locaux, souvent les mêmes d’un jour sur l’autre. Vers 14h, nous repartons en direction de notre bungalow. Au passage, nous croisons les « beach boys » qui vendent leur artisanat aux touristes…A début insistant, ils ne font que nous saluer après quelques jours. L’un d’entre eux nous demande même de traduire un mail qu’il a reçu d’une espagnole… Traduction espagnol-anglais, on est heureux de voir que nous n’avons pas tout perdu de notre passage en Amérique. Une petite demi-heure plus tard, nous nous laissons bien souvent emporter par une siestoune dans notre lit face au lac…on se croirait dans un bateau, le roulis en moins ! Nous sommes souvent réveillés par les cris des enfants qui jouent dans le lac, juste devant notre bungalow. Un vrai plaisir de les voir si heureux et une leçon également : un rapide coup d’œil à leur habitat (sol poussiéreux, déchets partout, mur en terre…) calme tout envie de se plaindre pour un moment. Un peu après 16h, il faut penser à la douche car le soleil décroit rapidement et les moustiques se réveillent, or sous la douche, aucune protection. Nous vérifions que le feu pour faire chauffer la douche est allumé puis nous y allons. Douche prise, parfumés par l’antimoustique, nous sommes prêts pour monter au restaurant perché sur la colline. Nous commandons pour diner vers 19h puis nous nous posons sur la terrasse du restaurant afin d’admirer le levé de lune face au lac. Nous redescendons vers 20h. La plupart du temps, nous nous posons, sur notre terrasse, dans la nuit, à refaire le monde. Mais parfois, nous nous laissons tenter par un petit divx (film), souvenir du Mexique.

Le dimanche est un jour particulier. Toutes les familles du coin se retrouvent à la plage pour profiter d’une journée sans pêche, sans lessive ni vaisselle. Nous nous sentons parfois gênés d’être ici au milieu d’eux, deux blancs en vacances permanentes. Mais ile ne nous le font pas sentir, au contraire. Un groupe de trois hommes viennent me voir sur la terrasse pendant que ma douce bronze au soleil. Ils s’assoient pour discuter. Puis l’un d’eux me demande si je veux bien prendre une photo avec eux. C’est la deuxième fois depuis le début de ce voyage qu’on me fait cette demande, deux fois je portais le même maillot… Nous posons sur un rocher tous les trois et le quatrième sort son appareil argentique, cadre au mieux avant que le flash ne se déclenche. Ils sont satisfaits, je me retiens de leur dire que le flash ne donnera pas une photo réussie.

Parfois, nous nous lançons (excès d’énergie ?) dans une « aventure ». Nous partons dans une direction inconnue, là où nous mène notre instinct. Aujourd’hui, c’est le sud en longeant la côte. Le chemin se perd d’abord dans les habitations au milieu de déchets puis remonte la colline, en oubliant de faire des lacets… Il fait déjà chaud à 9h, on transpire et on se dit que c’est bien une des premières fois que nous avons aussi chaud en Afrique (en excluant le désert), étonnement. L’hiver africain nous a offert du ciel bleu sans sa chaleur accablante. Pour l’heure, il faut bien avouer que notre aventure ne casse pas des briquettes et qu’il faut se résoudre à faire demi-tour. Le retour « à la maison » et à l’ombre est un soulagement.

Tout n’est pas rose non plus. Le week end est particulièrement vivant, voire bruyant. Les deux restaurants de la plage rivalisent pour savoir lequel des deux possède les enceintes les plus puissantes. La musique démarre à 7h et se termine vers 23h. Même sans client, le volume est au maximum… Un soir, je me suis déplacé avec le gardien de nuit pour leur demander de baisser un peu. Comme d’habitude, je commence par les saluer, leur demander leur prénom, rigole un peu… puis toujours dans la bonne humeur, je leur demande si ça les chiffonne de passer le son du volume 50 au volume un peu en dessous, histoire que notre bungalow arrête de vibrer ! Ils sont géniaux : ils me tapent dans la main, s’excusent pour le dérangement, ils sont tellement désolés… L’erreur est alors de penser qu’ils vont baisser le son… six mois en Afrique laissent une petite expérience de ce type de discussion. Je les remercie pour leur sollicitude mais réitère ma demande. Un des trois gars (lesquels, globalement, n’ont pas bu que du jus de tomate et fumé des cigarettes) essaye de reprendre son sérieux et m’explique que ça va être compliqué. Ils ont cinq clients sur la terrasse avec des bières et une enceinte à un mètre d’eux… excellent pour le business m’explique t’il, musique à fond et alcool font très bon ménage. J’en conviens, les pubs et boites de nuit chez nous connaissent ce principe. J’insiste pour juste baisser un petit peu dans ce cas, en pensant que de toute manière leur client ont du perdre leur tympan depuis une bonne heure. No souci, ils me retapent dans la main en s’exclamant que c’est l’Afrique… ils ne baisseront pas ! Je repars, pas vraiment déçu, nous sommes chez eux. Je leur ai au passage glissé que pour nous l’Afrique ce n’était pas vraiment des gars qui boivent le soir tard mais plutôt des hommes qui bossent, se lèvent et se couchent tôt pour parcourir des kilomètres en journée. Une minorité visible ne constitue pas le reflet du peuple africain. C’est vrai aussi bien ici au Malawi que chez nous en France.

Armelle & Flo








3 commentaires:

Gazetta et Hector a dit…

Dans 11 jours nos bras vous étoufferont....et l'eau coulera à flots !!!
Profitez bien de votre île .
Tendres bisous .

aymeric a dit…

Salut j'voulais vous dire que votre texte ma bien fait marrer!!!!
Profitez bien des derniers jours de vacances,
bientôt va falloir bosser hé hé hé !!!!
gros bisous

ririninick a dit…

vindez à Blaisy ,il ya eau chaude à volontédes lits confortables et une piscine dans la cour sans hippopotames ni crocodiles ,àbientôt les Robinsons.biz