Le Mozambique se découvre au rythme de l’Afrique, doucement. Ainsi, on peut mesurer le potentiel touristique incroyable de ce pays et s’imprégner de la vie locale.
Pour un touriste, le Mozambique est accessible à toutes les bourses. L’Etat cherche à développer un tourisme un peu plus luxueux (comme ses voisins) en interdisant les places de campings dans les lodges par exemple, mais personne n’applique cette mesure. Préservé du tourisme de masse, le voyageur aura souvent l’impression d’être le premier à découvrir des endroits uniques. Le réseau routier est plutôt en bon état compte tenu du niveau de pauvreté de ce pays : une route goudronnée parcourt le pays du sud au nord et la plupart des villes sont rattachées par des routes secondaires goudronnées. Le système de bus est peu fiable mais avec les nombreux transports locaux, on s’en sort toujours. La vigilance est de rigueur d’un point de vue sanitaire. Le pays est endémique pour le paludisme au niveau 3 (niveau le plus fort), il faut donc se couvrir au soleil couchant, se mettre du répulsif et dormir sous moustiquaire. A l’heure actuelle, une épidémie de choléra venue du Zimbabwe sévit dans le sud du pays : l’eau du robinet est à proscrire (pas nouveau) mais aussi les crudités non épluchées. Enfin, pour les célibataires, le sida touche le quart de la population (officiellement), se protéger tient du bon sens. Pour une soixantaine d’euros à deux et avec un minimum de rigueur sanitaire, voyager au Mozambique est un véritable bonheur.
Les mozambicains n’ont pas été gâté par la vie. Au 16ème siècle, les premiers colons portugais s’établissent et pratiquent de suite le commerce des esclaves. S’en suit une colonisation brutale en particulier au 20ème siècle sous le régime dictatorial de Salazar : l’abolition de l’esclavage n’empêche pas les travaux forcés et les mauvais traitements. En 1964, le Frelimo (front de libération du Mozambique), d’obédience marxiste et soutenu par le bloc de l’est, lance ses premières offensives contre le colonisateur. Le 25 juin 1975 (anniversaire de l’indépendance au jour où nous écrivons ce post), l’indépendance du pays est effective. Le répit est de courte durée, les USA et l’URSS vont trouver un terrain de jeu à leur goût et ceci durant un peu moins de vingt ans. Les américains arment et soutiennent la rébellion pendant que les russes font de même avec le parti au pouvoir. La guerre civile provoque l’effondrement des secteurs de l’éducation et de la santé et la paralysie de la production agricole. Elle fait près de 1 million de morts, 1,5 million de réfugiés et 2 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays. En 1994, des élections libres peuvent enfin être organisées et le pays se reconstruit petit à petit grâce à l’aide internationale. En 2000, de graves inondations suivies d’un cyclone fait replonger le pays dans une quasi faillite. A ce jour, le Mozambique fait officiellement parti des dix pays les plus pauvres au monde : pour donner un exemple, le PIB par habitant est trois fois plus faible qu’en Inde, pays pourtant surpeuplé. On comprend que naitre au Mozambique n’est pas vraiment un cadeau et qu’on bénit le tirage au sort qui nous a fait naitre en France !
Les mozambicains sont atypiques au regard des autres habitants de l’Afrique australe. Ils parlent portugais, sont que 30% de confession catholique et ne sont pas bien grands. Ce qui les différencie peut être le plus, c’est qu’ils n’attendent rien de l’Etat. Avec des « études supérieures » souvent hors de prix pour la grande majorité d’entre eux, ils ne peuvent que compter sur leur volonté de s’en sortir. Ils ont rapidement compris que parler plusieurs langues en particulier l’anglais était indispensable pour bénéficier des dollars touristiques. Peu de mendicité, des femmes et des hommes simplement heureux de goûter à une liberté toute relative.
Pour conclure ce message, nous voulions décerner un « market d’or » au commercial de Vodacom. Avec 70% des mozambicains vivants sous le seuil de pauvreté, réussir à imposer le téléphone portable comme un élément indispensable au quotidien est une prouesse. Ils en ont pratiquement tous un, dernier cri, et ils l’utilisent… Ils ont des vêtements troués de partout (dans certains pays, c’est une mode en même temps), les pieds nus, ne savent ni lire ni écrire pour la très grande majorité mais ils ont LE portable qui engloutit tous les mois une bonne partie de leur maigre revenu. Le mec ne s’est pas arrêté là : il ravale les façades des maisons longeant la route principale de tous ceux qui le souhaitent…et les repeints en bleu avec un joli VODACOM en diagonale. Du coup, Coca et Colgate ont trouvé l’idée ingénieuse, maintenant c’est un défilé de maisons bleues, rouges ou vertes ! A noter que seul le mur visible est retapé...
Cheers for Mozambique et vive la France
Armelle & Flo
26 juin 2009
Vivre au Mozambique
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1 commentaire:
Nous sommes sensibles à votre étonnement devant les façades, mais dans la France pas riche de 1950 un mur sur deux était repeint(gratos) en bleu ,avec en blanc DUBO, DUBON ,DUBONNET ou "jamais d'eau sans Pernod,"(en jaune)
Un marketing sommaire, avec des slogans efficaces qui ont diparu avec l'arrivée du principe de précaution sanitaire.
Quant à la taille des hommes, c'est peut être du mimétisme avec l'occupant lusitanien.
affectueusement.
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