1 mai 2009

Dunes

24 avr 09

Au petit matin, on se rend bien compte que les journées africaines, même en automne, sont chaudes et que les nuits sont fraiches, très fraiches. Comparée à la précédente sous une couverture nuageuse, cette nuit superbement étoilée nous a un peu glacé les os. On saura s’en souvenir pour nos futures expériences d’apprentis campeurs.
Nous décollons de bonne heure, à 7h40, tout est plié, rangé et a regagné sa place dans la voiture. Nous devenons super organisés.

Nous partons pour trois jours de pistes au plus profond de la Namibie.
Si l’on devait donner des couleurs à ce pays ce serait le jaune doré des champs de blés, le rouge orangé de la terre battue, le vert des quelques arbres et des buissons qui survivent dans ce désert, sans oublier le bleu azur du ciel. Les paysages que nous traversons sont somptueux. Nous sommes quasiment seuls sur les pistes tout au long de la journée ce qui procure un immense sentiment de liberté. Il nous arrive de parcourir trois cents kilomètres sans croiser un seul village ni âme qui vive. Et lorsque nous arrivons dans un village c’est plutôt ambiance Bagdad Café (un village fantôme où des carcasses de voitures gisent à côté d’une pompe à essence hors d’usage). La Namibie est un vaste espace occupé par des plaines d’herbes hautes d’un jaune éblouissant dans lesquelles les montagnes forment des ilots épars. Les pistes que nous empruntons apportent leur pointe de couleur au tableau. Sans piste, pas de décor. En effet, elles sont tantôt rouge brique tantôt oranges ou noires, en gravier ou en sable, et sont la touche contrastée à cette intense luminosité.

La conduite sur piste namibienne s’apparente à un véritable sport à mi chemin entre la conduite sur neige, avec ces plaques de verglas (sable) et ses blocs mal damés, et le Dakar. Les quelques 4x4 que nous croisons nous envoient poussière et jets de graviers qu’il faut subtilement éviter. Mais les automobilistes sont plutôt courtois et n’hésitent pas à nous proposer leur aide lorsqu’ils nous voient arrêtés sous un arbre pour la pause déjeuner. C’est une belle et intense expérience qui nous offre un avant goût de nos prochaines sensations et émotions sur le Dakar 2010 !

Trois jours de pistes et une journée de randonnée pour dégourdir les pattes et se mettre en condition pour notre challenge africain qui approche, le Kili ! Ces aux abords des dunes du Namib, à une quarantaine de kilomètres de Sesriem, que nous sortons les grosses chaussures. L’Olive trail, une randonnée de quatre à cinq heures, nous emmène sur les hauteurs du parc Naukfluft. Dix kilomètres qui commencent, comme toujours, par une ascension qui fait accélérer le palpitant, pour jouir, quatre cents mètres plus haut, d’un magnifique point de vue sur le parc. Arrivés au sommet, on se régale à l’avance de la boucle que nous allons faire sur la crête pour admirer le paysage mais l’Olive trail en a décidé autrement. C’est dans le lit de la rivière asséchée que nous ferons cette boucle. Un peu déçus car la vue est moins dégagée et le chemin caillouteux, on finit par profiter néanmoins du canyon qui est tout de même très joli. Cela nous donne l’occasion de rencontrer un jeune suisse et d’échanger nos impressions. Il voyage seul pour deux mois en Afrique du sud, Namibie et Botswana.
3h30 passées (avec la pause pique nique) nous rejoignons déjà notre voiture. Nous en concluons que nous tenons une forme olympique… et nous apprécions particulièrement ce timing car nous commencions à avoir très chaud. Au retour, nous n’omettons pas de ratisser les environs et de ramasser le bois mort pour notre petit bois du barbecue du soir. Ce soir au menu c’est soupe aux champignons, lentilles aux tomates-oignons et chamallows grillés, il faut que çà chauffe!

Nous nous rapprochons des fameuses dunes du Namib, les plus hautes du monde. Depuis la piste nous apercevons les dunes d’un rouge vif qui se dressent à l’horizon derrière de grandes plaines d’herbes dorées où oryx, springboks et autruches paissent paisiblement. Pour la petite histoire, la couleur rouge de ces dunes proviendrait de la terre du Kalahari, tout proche, transportée par le vent. Nous sommes perdus au milieu des montagnes, des plaines et des dunes et l’on ressent la même sensation de liberté et de plénitude que lorsque nous traversions le sud Lipez en Bolivie. Nous posons à nouveau «queschuette », notre tente, au camp de Sesriem qui se trouve à l’entrée du désert du Namib et aux portes des dunes de Sossusvlei. L’emplacement et les commodités sont bien décevants, en comparaison à ce que nous venons d’avoir ces derniers jours, d’autant que les tarifs sont déraisonnables. Cela dit, nous avons l’avantage d’être dans le parc et nous pourrons ainsi assister au lever comme au coucher du soleil sur les dunes.

Nous passons trois jours dans ce parc. Il faut parcourir plus de soixante kilomètres pour traverser la vallée asséchée et atteindre le pied des dunes en voiture. Au delà, la route est réservée au 4x4 et l’on ne peut s’y aventurer. Cela se solde par dix kilomètres aller-retour à marcher dans le sable au milieu des dunes avec nos grosses chaussures sous un soleil de plomb. Excellent pour les fessiers !
L’histoire de cette vallée raconte que la rivière Tsauchab, née dans les montagnes du Naukfluft, a creusé son lit au milieu du désert du Namib. Au milieu du 19ème siècle, elle rejoignait encore l’océan Atlantique. Mais les dunes de sable lui ont fait barrage et elle s’est, petit à petit, asséchée.
Nous nous faufilons dans l’enchevêtrement des dunes et traversons ce désert aride. Nous ne tardons pas à trouver notre chemin et à grimper sur la première dune qui nous tend son arrête. Les dunes font plusieurs centaines de mètres de haut et sont de la couleur du paprika, mélange de rouge et de petits grains noirs. D’en haut, la vue est magnifique. Nous dominons cette mer de sable qui s’étend jusqu’à l’océan. Nous admirons chacune des dunes aux alentours, leurs formes arrondies, leurs crêtes saillantes sculptées par le vent en zig zag et leurs couleurs qui oscillent entre le rouge, l’ocre et le rose pour certaines. Nous ne nous lassons pas. En pleine journée, la luminosité est si intense qu’il est très difficile de faire de belles photos… nous reviendrons à l’aube !

4h30, le réveil nous tire de nos rêves douillets. Nous nous mettons en route pour voir la « Dead Vlei » aux lueurs matinales. Les années de fortes pluies dans la région (ce qui est rare) ont permis que Sossusvlei (qui désigne la vallée) se remplisse d’eau formant ainsi des lacs au milieu des dunes. Nous parcourons à nouveau les soixante kilomètres en voiture et les cinq derniers à pied. Il faut dire que ce matin nous comptions un peu sur la navette qui achemine tranquillement les touristes au site mais il semble qu’il soit trop tôt. On escalade une première dune avant de déboucher dans cette fameuse vallée : on se croirait dans un film de science fiction. Une cuvette au sol durci par une croûte salée blanchâtre, se trouve isolée du lit de la rivière. Les arbres, qui auparavant trouvaient suffisamment d’eau pour grandir, ne sont aujourd’hui que des troncs sans âmes donnant ainsi au paysage un sentiment de désolation grandiose à la manière d’un tableau de Dali. Nous passons plusieurs heures dans cet endroit magique à contempler cette nature sauvage sous une luminosité changeante.

Les dunes sont aussi et surtout un spectacle au moment du coucher du soleil. Nous nous dirigeons vers la dune Elim à proximité du camp. Son ascension est longue mais chaque pause nous offre des vues à couper le souffle. Au sommet, nous avons un panoramique éblouissant sur la plaine couleur or et ses montagnes noires disséminées en îlots ainsi que sur une ceinture de dunes aux tons orangés.
Le must reste le coucher de soleil sur la dune 45. Nous nous y attaquons en passant par une dune à proximité afin d’atteindre son point le plus haut. Nous mettons une petite heure pour la gravir. Le sable pénètre dans nos chaussures de randonnée à chaque pas que nous faisons, ce qui les alourdit. Le même exercice sans chaussures serait à peine pensable. Il faut d’abord rejoindre la crête par une ascension en diagonale et en devers. Nous parcourons ensuite la crête, qui monte et qui descend, sur plusieurs centaines de mètres avant d’entreprendre l’ascension finale. Nous terminons cette montée à genoux tellement la dernière pente est raide. Exténués, nous nous régalons une fois arrivés au sommet. Nous avons une vue panoramique sur le rétrécissement du lit de la rivière, sur les montagnes de granit à l’horizon et sur cette mer de sable qui s’étend à perte de vue. Les arrêtes des dunes sont parfaitement dessinées par le vent et le paysage est vierge de toutes traces de pas. Nous avons le sentiment d’être seuls au monde. Le soleil couchant donne toutes sortes de couleurs au sable allant de l’ocre au rouge brique. C’est fabuleux. Il nous faut à peine cinq minutes pour dévaler la dune en courant comme deux gamins. C’est la récompense d’une éprouvante montée.

Nous revenons le lendemain matin à l’aube pour le lever du soleil. Premiers à monter par la crête nous sommes rapidement rejoints par des cars entiers de touristes qui hurlent dans tous les sens. Les premières lueurs du soleil viennent rosir le sommet des dunes. Le ciel, légèrement nuageux, embellit le décor. Nous ne nous lassons pas de ces paysages qu’il faut désormais quitter pour rejoindre la côte. Dans trois cents kilomètres, nous serons sortis de ce désert et aurons rejoint la ville de Skwapomund. Nous avons l’impression d’avoir été coupés du monde pendant ces quelques jours. Ce n’est pas si désagréable de retrouver un lit !

Armelle & Flo



















4 commentaires:

Gazetta et Hector a dit…

Nous voyons avec joie que vous en prenez plein les yeux, c'est surprenant de constater combien le desert fascine :une nature hostile mais belle parce qu'intacte.
Nous sommes heureux pour vous et encore plus quand vous nous dites votre joie de retrouver un lit, vous étes"normal" et cela me rajeunit un peu car j'ai beaucoup en famille pratiqué le camping dans des conditions spartiates puis aprés comme soldat mais j'ai toujours gardé beaucoup de tendresse pour mon lit et vénéré l'illustre inventeur, malheureusement mal connu du grand public.

Tantine a dit…

Coucou les bourlingueurs.
Magiques ces couleurs en formes!
Le rêve¨quôa !
Continuez de nous "en mettre plein la vue" : un régal...
Bien des bisous d'Edith

Aymeric a dit…

Alors on "rejoue" le scoot en faisant de grands feux !
Wahoo!... le désert de Namibie, trop top !
Aujourd'hui dans la forêt de FBleau nous avons vu 2 vipères en moins d'une heure ! Pas besoin d'aller en Afrique pour voir des "bêbêtes" ....
Nous rejoignons Moscou demain...c'est nul ! Mais j'en connais un qui trouve ça super que nous partions .... Et maitenant il veut faire payer.... pour avoir
moins de monde .
Gros bisous , à +

ninickriri a dit…

j'ai donné votre blog aux Ruisi ,demain Benoït est baptisé petite fiesta chez les Dès. à Blaisy,après celle des 60 ans de la nouvelle jubilada(soi-disant retraitée d'après Cervantès)bizzz.