15 avr 2009
Il y a sept mois déjà nous nous séparions de nos proches et amis pour vivre une aventure unique et elle l’est. La distance ne permet pas toujours de répondre présent aux évènements de la vie. Aujourd’hui, j’envoie simplement un dernier baiser à ma Mamie chérie qui a décidé, elle aussi, de voyager vers d’autres horizons.
Depuis notre schtroumfette nous avons une première vue de la ville du Cap en arrivant de la route des vins. Au loin, un peu polluée, elle est nichée au pied d’une grande et imposante montagne toute plate. C’est bien « Table Mountain » qui se dresse face à nous. Nous sommes en fin de matinée et comme d’habitude nous commençons par nous chercher un « chez nous » pour quatre jours. Nous arpentons Long street, une des rues principales, frappons à la porte de quelques établissements et finissons par trouver. C’est un backpackers qui ne paie pas de mine mais qui fera l’affaire. Il est vrai que nous nous étions habitués à mieux ces derniers jours mais il est temps de faire face à la réalité. Les backpackers des grandes villes sont bien moins luxueux que ceux des villages. Dans celui-ci, l’ambiance est collective (entre les vas et viens des résidents et le bruit de la rue, çà nous change) mais nous avons la chance d’avoir une chambre avec notre douche rien qu’à nous…
Nous ne perdons pas un instant et allons explorer les environs. De l’autre côté de la montagne, le quartier chic et huppé de la ville, le Saint Trop’ du Cap, la croisette de l’Afrique du Sud, c’est Camps Bay. Une très belle plage, la plus belle du pays pour certains, et de grosses vagues qui viennent chatouiller les pieds des splendides demeures luxueuses qui se perchent les unes au dessus des autres pour ne pas perdre une miette de la vue. C’est justement là que nous décidons de faire notre ravitaillement courses pour nos diners à venir… et on se rend compte de notre erreur une fois à la caisse. Nous passons ce bel après midi ensoleillé sur la plage à observer le claquement violent des vagues et les surfeurs faire des prouesses dans une eau à 14°C.
Pour sa dernière journée avec nous, Schtroumfette va nous emmener au bout du bout du continent africain : le Cap de Bonne espérance. La péninsule du cap est assez diversifiée et de multiples endroits permettent de faire une pause.
Nous surplombons la baie de Chapman’s peak d’où nous admirons la montagne tombant à pic dans l’océan. Cette route côtière, perchée dans la montagne, est impressionnante par la vue qu’elle offre. Elle offre en toile de fond les Twelve Apostles de la Table Mountain, douze contreforts rocheux qui viennent s’adosser sur la montagne.
Nous devons rebrousser chemin pour cause de travaux de consolidation sur la route. Nous passons par les terres pour rejoindre la côte est de la péninsule. Peu importe, nous avons le temps. Le paysage change du tout au tout. Nous sommes désormais dans un environnement proche de celui du bassin d’Arcachon avec une forêt de pins et des sentiers de randonnées sablonneux sans oublier les belles maisons ! A quelques kilomètres de là seulement nous traversons la ville de Constantia et sa campagne en vignobles. Nous regagnons la côte est et ses villages de pêcheurs. Une halte à Simon’s Town pour y voir la plage des pingouins du Cap. Ils sont identiques à ceux de Camarones, en Argentine, et nous amusent tout autant avec leur dandinement sur deux pattes. La pointe de la péninsule est une réserve naturelle qui abrite plusieurs espèces animales et florales. Aujourd’hui, le temps est propice à la découverte de ce cap sauvage. Le ciel est bas et gris et le vent souffle fort. La montagne se jette droite dans la mer. Les vagues viennent, de tous côtés, se fracasser sur les rochers. Le décor est impressionnant et le spectacle magique. Nous en profitons d’autant plus qu’il y a, jour pour jour, sept mois que notre aventure a commencé. Pour l’occasion on s’offre un bon poisson au restaurant dit des deux océans perché au « cape point ».
On ne peut achever cette journée sans admirer le plus beau côté de la Table Mountain. On se dirige à quelques kilomètres de là, au nord est de Cape Town. Nous avons une vue d’ensemble sur la montagne avec le pic du Lion qui assure sa sécurité. En premier plan, la mer agitée et des kite surfeurs qui prennent leur pied dans ces rouleaux de plusieurs mètres.
Nous voilà redevenus piétons et l’on se mêle à nouveau aux passants de cette grande ville. La sensation est d’abord étrange, comme si l’on avait perdu notre coquille, et rapidement nous reprenons nos repères de globe trotteurs pour une visite de la ville.
L’architecture de la ville est loin d’être uniforme mais laisse transparaitre l’histoire mouvementée du Cap. Le château fort de Bonne Espérance est le plus ancien site européen du pays. Il est un vestige de la l’intense présence hollandaise dans le pays. Nous passons devant l’ancien hôtel de ville, the Old Town Hall, magnifique bâtiment, d’où Nelson Mandela prononça son premier discours en public à sa sortie de prison en Février 1990. Nous poussons la porte du musée de l’esclavage, the Slave Lodge, pour tenter de mieux comprendre l’histoire des sud africains. Ce bâtiment était anciennement le quartier où se vendaient les esclaves venus d’Afrique de l’ouest et de l’est mais aussi d’Inde et d’Océanie. La ville du Cap était le point de convergence de la traite des esclaves. Ceci explique la grande mixité culturelle et le métissage de cette ville. Non loin du musée, un jardin botanique est comme une bouffée d’air pur dans ce flot de voiture. Nous y voyons des arbres gigantesques de toutes sortes : un ficus avec un tronc large de cinq mètres au moins, des frangipaniers, des aloès, des magnolias époustouflants et surtout de tous petits écureuils qui viennent croquer nos lacets. Le centre piétonnier de ce quartier permet aussi de profiter de l’ambiance de la ville, des joueurs de guitares qui s’installent au coin des rues en fredonnant du Bob Marley ainsi que des enfants en uniformes qui rentrent de l’école l’air jovial. Nous achevons cette visite par le quartier musulman, le Bo-Kaap, qui se situe sur les hauteurs de la ville. Les rues en pente raide, dont certaines sont encore pavées, sont bordées de mosquées et de maisons datant du 18ème siècle. Elles ont la particularité d’avoir un toit plat et d’être toutes colorées.
On ne pouvait quitter Cape Town sans faire l’ascension de Table Moutain. Mais ce matin de gros nuages gris empêchent toute visibilité…Nous partons demain matin pour Windhoek, capitale de la Namibie, avec 24 heures de bus au programme.
Armelle & Flo

18 avr. 2009
Sept mois au « Cape of the Good Hope »
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