9 avr 2009
Après un dernier au revoir à nos lionceaux, nous quittons ce matin la réserve d’Inkwenkwezi en direction de Knysna à 650 kms d’ici.
La route est bonne et la plupart du temps elle est à deux fois deux voies. Le paysage ne présente pas vraiment d’intérêt jusqu’à Knysna. Cette ville marque le point de départ de la Garden Road, fameuse route touristique du pays. Elle passe entre l’océan Indien et les montagnes de l’arrière pays. C’est étrange de voir de grandes dunes de sables poussées vers la mer par d’imposantes montagnes verdoyantes.
Nous arrivons à Knysna en fin d’après midi mais suffisamment tôt pour se trouver un logement à la lumière du jour, pas du premier coup. Nous nous faisons une nouvelle fois la remarque que notre backpackers, tout aussi charmant, est une nouvelle fois tenu par des blancs. Knysna est logée en bord de mer sur une espèce de lagon intérieur protégée par les montagnes. La ville est très luxueuse, des petites maisons blanches au style victorien bordent les rues asphaltées. Une presqu’île est même réservée à un grand complexe hôtelier pour touristes fortunés. Des commerces de toutes sortes servent cette communauté blanche.
Ce n’est qu’en empruntant la piste qui s’enfonce dans la forêt, à l’entrée du village, que nous découvrons l’existence du village de Knysna, côté blacks. Nous faisons que constater que l’architecture y est « sensiblement » différente. Cette piste nous mène pendant 70 kms au travers de la forêt tropicale entre montagnes et cols. Le paysage, apparemment extraordinaire selon le lonely planet, ne nous laisse pas un souvenir mémorable. Ces montagnes sont impressionnantes mais sont sans comparaison avec la Cordillère des Andes devenue involontairement notre référence.
Nous reprenons la route en direction de Wilderness. Nous continuons à longer la côte sauvage aux vagues déchainées. La plage de Buffalo Bay est un bel exemple de la puissance de l’océan indien à cet endroit. D’énormes vagues déferlent sur d’immenses plages de sable fin, les rochers et les rafales de vent accentuent le coté sauvage. Il fait beau et chaud mais le vent est si fort que l’envie de nous baigner nous est rapidement passée, pas d’homologation prévue pour nous aujourd’hui d’autant que les courants sont forts et que l’eau ne doit pas dépasser les 15°C.
Nous posons nos bagages à Wilderness. Ce petit village de bord de mer a la particularité de s’étendre dans la montagne qui surplombe les 30 kms de plage sauvage. La vue du backpackers que nous pensions envahir est à couper le souffle. Mais voilà, nous sommes vendredi de Pâques et nous tournons pendant 1h30, avec schtroumfette II, pour se trouver un logement qui ne soit pas complet. Cela dit ce ne sont pas les occasions qui manquent puisque quasiment chaque résidence du bord de mer est un B&B aux tarifs défiants toute concurrence. Heureusement que nous étions arrivés de bonne heure. On finit par trouver un B&B, au style égyptien un peu kitsch, qui ne propose pas de breakfast mais qui a l’avantage d’avoir une cuisine à disposition. Un peu désespérés on adopte, même s’il est un peu cher.
Depuis que nous avons emprunté cette Garden Road, notre impression générale est un peu contrastée. Il s’agit d’une jolie route de montagne qui longe le bord de mer tout en traversant une succession de villages blancs plus chics les uns que les autres. Lorsque nous passons ces villages, à première vue rien ne choque, c’est pratiquement comme chez nous. Sauf qu’ici on est en Afrique et qu’on ne voit aucun noir. On s’interroge sur les conditions de vie des noirs parqués dans des baraquements en bois d’allumette cachés à quelques kilomètres de là. Le gouffre entre village blanc et village noir est vraiment saisissant et parfois difficile à accepter avec nos repères d’occidentaux.
Wilderness était une de nos étapes, nous nous dirigeons maintenant vers Prince Albert. Un col de franchi et nous passons d’une végétation verdoyante à un altiplano semi aride et rougi par le soleil. L’élevage d’autruches semble être l’activité économique de cette région. Des autruches par centaine se volent dans les plumes dans un enclos trop petit pour elles en attendant de passer à la casserole (un peu comme nos canards du sud ouest).
Le village de Prince Albert est très prisé dans la région et pour cause il a beaucoup de charme. Deux rues tout au plus, bordées de luxueuses maisons coloniales aux devantures fleuries de roses trémières, de bougainvilliers géants et de frangipaniers. Nous sommes désormais dans la région du Karoo qui couvre près d’un tiers de la superficie de l’Afrique du Sud. Ici, il fait chaud, très chaud et les températures peuvent atteindre les 45°C. Les logements sont un peu chérots mais nous finissons par trouver un appartement de 80m² en rez de jardin pour un prix dérisoire (20€ la nuit) grâce à une habitante. Ce soir nous avons un vrai chez nous et un diner aux chandelles sur un fond de musique.
La route qui nous mène à notre prochaine étape passe par la Swartberg Pass. Les « Pass » en Afrique du Sud sont des passages dans les montagnes, des sortes de col. C’est la pass la plus spectaculaire du pays et il est vrai que le paysage est magnifique. C’est une piste sur 25 kms qui nous fait atteindre au col l’altitude « record » de 1600m. Le canyon, très étroit à son entrée, est bordé d’immenses parois rocheuses dans lesquelles s’entremêlent différentes strates sédimentaires formant ainsi des arabesques à leur sommet. La montagne rouge orangée donne la sensation d’être minuscule.
A l’extrémité de ce canyon, de l’autre côté du versant, débute la mythique route 62, un pendant de la ruta 40 argentine, entourée de montagnes. Traversant le petit Karoo, une alternance de plaines cultivées et de cols, la route 62 est présentée comme la route des vins la plus longue du monde (il n’y a pas qu’en Amérique du Sud où l’on trouve le « plus … du monde »). Nous faisons une halte dans la ville de Montagu. Peuplée d’artistes et d’esprits indépendants, cette ville pittoresque se distingue par son sens de l’hospitalité d’après notre guide. Nous ne mettons pas quelques minutes à en prendre conscience. Alors que la série des hôtels complets pour cause de « easter » week end continue, nous nous dirigeons vers le point d’information touristique étrangement ouvert … un dimanche de Pâques en plus. Nous demandons quels sont les logements possibles dans la région correspondants à nos critères. La jeune femme passe deux coups de fil mais en vain, tout est complet. Mais dans l’office de tourisme se trouve un jeune couple qui partage notre conversation. Ils nous proposent alors de passer la nuit chez eux dans une chambre qu’ils louent de façon occasionnelle. Ils acceptent même de baisser le prix de 50€ à notre budget, 25€. Nous acceptons bien volontiers. Nous sommes alors reçus dans une chambre grand standing avec une entrée qui nous est spécifique, une salle de bain avec douche, baignoire, sels de bains and Co, une petite kichenette et une grande chambre avec un lit King size. La jeune femme nous prépare également une assiette de fruits (mangues, abricots, clémentines et avocat) ainsi que des gâteaux faits maison. Nous sommes reçus comme des Princes et nous en profitons.
Après cette bonne nuit de repos au calme, nous revêtons la panoplie randonnée. Il est 8h30, il fait un joli ciel bleu et une agréable brise fraiche me rappelle quelques matins de vacances de mon enfance. Cela tombe bien, nous sommes en vacances. Nous arpentons pendant cinq heures, par un sentier escarpé et rocailleux un peu comme le GR20, les montagnes environnantes qui dominent Montagu. Le paysage est dégagé, le chemin, pour une fois en Afrique, bien visible et la vue est très jolie. Cà fait du bien de se dégourdir un peu les pattes.
Nous reprenons la route pour faire la pause nocturne à 20 petits kilomètres, à Robertson. Nous commençons véritablement à être entourés de pieds de vignes. La ville est relativement grande et blancs et noirs semblent cohabiter. Encore un fois, nous tombons par chance, dans un B&B très accueillant. Sonia, la maitresse de maison nous prépare une chambre bien douillette dans laquelle elle n’omet pas de déposer quelques petits gâteaux faits maison qu’elle vend les jours de marché. Elle nous met aussi sa cuisine à disposition. Nous apprécions particulièrement ces nuits en Afrique du Sud où le confort est bien meilleur que nos souvenirs péruviens. De plus, les propriétaires sont souvent très agréables et viennent échanger quelques mots le soir avec nous.
Le temps que la chambre soit disponible nous partons à la recherche d’internet dans la ville. Nous tournons dans tous les sens et aucun internet café ! On décide de tenter les connexions wifi avec notre ordinateur. Et pendant près d’une heure on rode en voiture, comme deux SDF morts de faim, dans l’espoir de pirater un réseau. On finit par trouver un signal de trois barres, non sécurisé, sur le parking du Wimpy (sorte de Mac Do implanté en Afrique du Sud). On est sauvé, deux trois mails, un post de blog, et surtout de quoi commencer la préparation du voyage en Namibie (c’est dans cinq jours…) !
Réveillés par le chant des oiseaux, les rayons du soleil, une nouvelle belle journée nous attend pour la découverte des vignes et surtout des vins sud africains. Nous sommes au début de l’automne, les vignes commencent à rougir, le raisin est récolté. Seuls quelques hommes travaillent encore aux vendanges tardives. La dégustation en Afrique se fait très facilement et nous nous faisons plaisir. Ce ne sont pas moins de cinq propriétés qui nous ouvriront leurs portes et leurs bouteilles. Nous commençons dès 10h du matin par une gorgée de Shiraz, une autre de Cabernet Sauvignon, puis une touche de Chardonnay pour terminer (blanc doux type monbazillac). La première impression est bonne pour le Shiraz (vin rouge) mais demande confirmation. La seconde propriété est spécialisée en le vin blanc. Nous sommes agréablement surpris par le sauvignon blanc et la liqueur de dessert « the Cape Muscadel ». Déjà une dizaine de vins différents en bouche mais nous ne nous laissons pas abattre, la route est encore longue ! Il fait particulièrement chaud aujourd’hui et l’on décide de se faire malgré tout une pause…au milieu des vignes. Le cadre est agréable et la table très bonne. Nous en profitons pour nous jeter un petit verre de Gewürztraminer derrière la cravate et goûter le Black Syrah. Pas déçus, nous poursuivons cette belle route avec schtroumfette II. Les dégustations de l’après midi nous permettent de découvrir des cépages inconnus de nos terroirs dont un, notamment, qui donne un vin rouge aux saveurs de chocolat et de café. Très surprenant ce Bonnievale cape Vintage se laisse bien boire même si l’on pense qu’il peut devenir vite écœurant. Nous finissons l’après midi sur une note « sweety », une liqueur qui a eu quatre étoiles au John Platter 2009 (certainement un bon prix…) et qui se déguste comme du petit lait. En définitive, après cette première expérience des vins sud africains (nous avons quand même testé environ une vingtaine de vins dont un champagne) nous sommes agréablement surpris par leurs blancs et notamment le sauvignon. Quant au rouge, nous préférons encore de loin le Cabernet Sauvignon de Mendoza !
Nous venons de faire 150 kms pour rejoindre la célèbre Cape Town. A nous la table Mountain et le “Cape of Good Hope” !
Armelle & Flo

17 avr. 2009
Garden party et Road 62
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1 commentaire:
Savourez bien la mythique Montagne de la Table et bonne cueillette de protéas.
C'est quand même 'crazy' d'avoir de si longues et belles vacances...dans ces pays lointains ! Mais..on en profite bien avec vous.
Bien des bisous de Tantine Edith
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