25 dec 2008
Nous avons passé une très agréable veillée. Tania, la maitresse de maison, nous avait préparé le diner traditionnel de Noël en Patagonie (tartare de crabe, agneau aux pommes de terre vapeur suivis de la papaye à la crème fouettée). Nous avons partagé ce moment avec un couple de grands parents chiliens qui avaient décidé de passer enfin seuls et en amoureux ce jour de fête. Les deux, avec un petit coup dans le nez, nous ont fait beaucoup rire et nous ont également offert un cadeau, une boite à bijoux en porcelaine, ce qui semble être une tradition ici. La journée du 25 fut très calme et ensoleillée. Tania, qui vit seule à Puerto Natales depuis une dizaine d’années adore s’occuper des ses hôtes. Auparavant, elle résidait à Punta Arenas avec son mari et tous deux étaient opticiens. Elle s’est reconvertie en B&B et consacre toutes ses journées à faire tourner sa boutique. Elle jardine, cuisine et discute avec ses clients. C’est une femme pleine de vie et son rire nous fait chaud au cœur. Pour l’occasion et en souvenir de notre passage chez elle, elle nous a offert un petit pingouin en porcelaine. En plus de notre jacuzzi, du paquet de « chupetes » et du paquet de toffee nous aurons été bien gâtés cette année. Avant de partir, nous décidons d’offrir à Tania notre premier cadeau de Noël emballé avec un beau et vrai papier : des chocolats de Patagonie ! Ces quelques jours passés chez elle ont été uniques et nous ont permis de partager avec elle la joie de Noël.
Nous sommes arrivés à Punta Arenas, dernière ville chilienne de notre périple. L’ile de la terre de feu est maintenant toute proche avec Ushuaia, sa capitale. La descente vers le pôle se ressent particulièrement. Les températures chutent (en moyenne 5°C ici), le vent glacial souffle en rafale en empruntant le célèbre détroit de Magellan. Punta Arenas fut jadis un port international très emprunté pour passer d’un océan à l’autre avant que le canal de Panama ne réduise considérablement son influence. Comme on dit dans le coin, on peut avoir la sensation de vivre les quatre saisons en une journée…Nous sommes arrivés sous une pluie fine, une demi heure plus tard grand ciel bleu et à peine une heure après ciel noir, grosse grêle avec des températures dignes de l’antarctique!
Deux nuits à Punta Arenas nous suffisent pour dire que l’on ne s’y installera pas.
Dimanche matin, nous partons pour Ushuaia : 12h de bus avec passage de frontière vers l’Argentine et surtout franchissement du détroit de Magellan. Le bus embarque pour une demi-heure de traversée sur un bac. Le vent polaire nous décoiffe, la mer est froide, grise et démontée mais nous profitons du majestueux balai des dauphins bicolores (noirs et blancs) qui accompagnent le bateau. Nous voilà désormais en terre de feu. Des plaines de broussailles de foin à perte de vue et des moutons en quantité. Nous sommes surpris par ce paysage là où nous nous attendions à voir des montagnes enneigées et des glaciers. Nous passons la frontière sans encombre avec un petit délai d’attente tout de même. Ici, la douane n’est pas bien regardante sur les bagages étant donné qu’Ushuaia est une destination touristique de courte durée très fréquentée et le passage frontière est une étape obligée du retour.
20h nous arrivons enfin au bout du monde, paraît-il. Cela fait près de 100 kms que nous traversons (ouf !) les fameuses montagnes blanches. Le ciel est bas, la roche est noire et la ville est grise. Nous nous lançons à l’assaut d’un hôtel. Les prix sont ici exorbitants quand les hôtels ne sont pas pleins. Il nous faudra parcourir la ville durant deux grosses heures pour parvenir à nous loger pour la nuit en attendant de trouver une ambiance plus chaleureuse pour le réveillon : objectif du lendemain. Mais objectif non atteint après une matinée de recherche à frapper à toutes les portes. Finalement il est bien et convivial notre hospedaje où nous pouvons cuisiner!!
Nous déambulons dans les rues de la ville qui est en réalité le « Courchevel » de la Patagonie sans le côté féérique. Les restos sont hors de prix, les boutiques chics et de souvenirs trônent à tous les coins de rue, le concept marketing de « la ville du bout du monde » est exploité sous tous ses angles. En bref, cette ville manque d’une âme mais nous ne regrettons pas le chemin fait pour y venir : ceci permet de nous faire notre propre idée.
Mardi, nous décidons d’aller explorer le parc national de la Terre de feu. Nous partons aux aurores pour attraper le bus de 8h afin de profiter pleinement de cette journée de rando. Seulement voilà, à peine le nez dehors nous constatons qu’une petite pluie fine gelée nous cache un peu la vue. Direction la station de bus. Le chauffeur du bus, tous moteurs allumés, nous prévient qu’il ne partira pas avant 9h, pas étonnant nous sommes les deux seuls rigolos sur le parvis à avoir envie d’aller marcher par un temps aussi pourri. Il ajoute que pour 50 pesos seulement par personne (environ 15€) il nous fera faire les 15 kms aller retour au parc. Bien entendu l’entrée du parc étant à payer en plus. Cà fait cher du kilomètre ! Un petit instant de réflexion et nous décidons de nous rendre dans ce parc par nos propres moyens. Tant qu’à attendre 1h15 au froid et sous la pluie autant essayer de s’avancer un peu. Nous nous positionnons sur l’artère principale d’Ushuaia. 8h30, le vent redouble d’intensité, la pluie s’abat droite dans notre dos et toujours personne. L’emplacement n’est pas stratégique, il faut aller à la sortie de la ville sur la route sur parc. Nous profitons d’une accalmie pour avancer. Les seuls véhicules qui s’arrêtent sont les petits bus touristiques qui mènent au parc. Persévérants, nous déclinons leur proposition en espérant rapidement trouver une âme sensible à notre changement d’état en glaçons. Et là c’est le retour des trombes d’eau. Heureusement qu’un gentil argentin a pitié de nous. Il nous dépose à quelques kilomètres de l’entrée du parc. Un bus nous propose les mêmes tarifs qu’au départ alors que nous avons déjà fait les ¾ du chemin. Un couple de jeunes allemands en voiture de location nous mènera jusqu’au bout. 10h30 on entame notre rando par le sentier des guanacos. Ce sentier monte dans la forêt à travers les racines des arbres. Le chemin est boueux, très glissant et pas incroyable. Le feuillage des arbres nous abrite tout de même un peu, la pluie n’a pas cessé. Nous arrivons, sous un rayon de soleil, à un panorama sur les montagnes et les lacs. A peine le temps de sortir l’appareil photo de tous ses sacs étanches que la tempête de neige s’abat. Nous attendons une bonne heure l’éclaircie, elle ne viendra pas. Nous décidons de rebrousser chemin, le sommet ne sera pas pour nous aujourd’hui. La descente est périlleuse tant le chemin est glissant et cela se solde, pour moi, par plusieurs galipettes sur les fesses. Frigorifiés et pas vraiment enthousiasmés par l’environnement nous préférons rentrer à Ushuaia, en stop ! Nous sommes pris par un garde du parc qui nous amène à la sortie puis une petite demi-heure plus tard notre couple d’allemands repasse par là…Ils sont cool !
Petit aparté à propos des touristes. La palme d’or de la gentillesse et de la bonne humeur revient aux suisses et la cuillère de bois aux… (nous vous laissons deviner mais c’est pas les français ni les américains). Entre les deux, les allemands et les japonais sont globalement sympas et discrets.
Nous passons la soirée au casino à jouer nos économies de transport pour le parc. Même au bout du monde et à la veille de 2009, la chance n’est pas avec nous.
Ce soir, nous changeons d’année. Nous avons prévu une soirée en amoureux, une autre ! Diner aux chandelles (au briquet, c’est moins surfait !) car les restos proposent tous un menu du 31 hors de prix (minimum 50€ par personne) Aucune festivité particulière n’est organisée, pas de tradition patagonienne à découvrir, pas de feu d’artifice prévu : en somme, ils prennent votre fric et ne vous le rendent jamais. Une soirée de fête comme une autre si ce n’est que pour nous 2009 sera en grande partie l’année de notre voyage. Nous n’oublierons pas de trinquer à votre santé.
Demain, nous repartons à 5h du matin pour 20h de bus en direction d’El Calafate.
Nous vous envoyons à tous nos meilleurs vœux, un peu gelés, pour cette nouvelle année. 2009 sera pour certains l’année de leur mariage, de leur 1er bébé (même si le petit Martin a choisi 2008), et pour d’autres l’année de la retraite et du temps pour vivre. A tous, profitez bien de ces moments exceptionnels de la vie.
Nous vous embrassons très fort,
Très bonne année 2009
Armelle & Flo

6 commentaires:
BONNE ANNEEEEEEEEEEEEEE
Bises de la part des Maquet
encore bonne et heureuse année 2009et plein de bisous de Jérôme Isa ,JJ Isa,et leurs gnards Arthur,Paul,Romane,Myriam,Anna et Lola,les des de Nancy arrivent samedi bisous.
Un chti coucou de Paris, et une bonne année !!
Ici : vague de froid + vague de frilosité....
Bravo à vous qui n'avez pas froid aux yeux , vos récits nous réchauffent le coeur !
Bisous , bisous .
Bonne et heureuse année 2009 pleine de bonheur et d'émotions!
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