13 nov 2008
Ce matin réveil 3h30 pour un départ aux aurores, direction les geysers. La température extérieure est fraiche, en comparaison aux journées chaudes de San Pedro, mais acceptable. Nous sommes embarqués par un minibus devant l’hôtel à 4h. Avec nous, une vingtaine de touristes, pour notre plus grand bonheur, tous aussi malades les uns que les autres. Cà tousse, çà mouche, renifle, éternue pendant près de deux heures. Quelques 95 kms de piste plus tard, nous arrivons à destination. A peine avons-nous eu le temps de refermer la paupière. Connu dans le monde entier, ce site est un altiplano où l’on peut découvrir cet immense bain de vapeur le plus haut du monde. Il est alimenté par plus de 64 geysers, d’eau chaude avoisinant les 85°C, au pied du volcan El Tatio, que nous laissons de côté pour l’occasion.
6h30, nous sommes devancés par des hordes de bus touristiques, nous ne serons pas seuls… A 4300m, la température est fraiche, -8°C, le vent glacial et le soleil vient à peine de se lever. Le temps de prendre un petit maté de coca bien chaud et nous partons admirer le spectacle. Des centaines de fumerolles dégagent leurs vapeurs envahissant le ciel qui commence à prendre sa couleur azur. Des trombes d’eau droites jaillissent des geysers sur plusieurs mètres de haut. On a l’impression d’assister à un feu d’artifice avec les rayons du soleil qui donnent aux gouttelettes d’eau toutes les couleurs de l’arc en ciel. Nous faisons également le tour des « cratères » multicolores des geysers : le soleil levant les sublime. C’est simplement magique et relativement inattendu. On passe près d’une heure et demie à contempler en n’oubliant pas de prendre quelques photos. Mais toute bonne chose a une fin et les vingt autres touristes commencent à s’impatienter dans le bus (nous les faisons attendre un petit quart d’heure…pas bien !). On se dirige alors vers des bains thermaux naturels où l’on fait l’impasse de la baignade. Nous préférons admirer les rivières d’eau chaude couleur émeraude.
Nous souhaitons dédier ce superbe spectacle à notre ami Seb. Son combat pour l’Amour de la vie nous plait beaucoup et nous profitons de ces moments là en pensant à lui. Tiens bon copain, on revient vite pour fêter ça avec ta douce et ta Valentine autour d’un Pisco Sour.
Le retour est un peu moins palpitant… il en faut pour tous les tourismes (Cf fin de ce message). Nous avons dix minutes pour observer des oiseaux sur une rivière, puis cinq minutes pour entrevoir des vigognes, trente minutes pour faire le tour d’un village et son église (enfin surtout ses brochettes grillées pour les amateurs), cinq minutes pour prendre quelques photos de nandou (sorte d’autruche) et enfin trente minutes pour faire le tour d’un champ de cactus tout pourri… le tout entrecoupé de deux heures de minibus. Nous serions bien restés toute la matinée à contempler les geysers pour notre part.
Nous passons l’après midi à trier les 568 photos et à éviter une arnaque de justesse (on en reparlera dans notre best of des arnaques à la fin de l’Amérique du sud). Nous partons vendredi 14 novembre à 20h pour le nord du Chili (on sera très proche du sud du Pérou) en bus de nuit. Direction Arica et le parc national de Lauca. Nous passons la journée du vendredi à se la couler douce à San Pedro. Rosa, la propriétaire de notre hospedaje nous fait la causette et nous offre une orange puis des gâteaux typiques du coin. Du haut de ses 70 ans au moins, elle a beaucoup de choses à nous raconter sur ses débuts dans le village où elle était le seul hôtel et même les présidents venaient ici (bon là, on se rend bien compte qu’elle vieillit…) Ce sont des moments très agréables.
Pour conclure, un petit mot sur le tourisme. Pas n’importe lequel, le tourisme à la Française (ou assimilé, type nos amis suisses francophones). En effet, tout le monde s’accorde durant notre voyage, y compris les autochtones, pour dire que c’est un tourisme à part (vous reconnaitrez certains de nos travers également). Pour débuter et c’est plutôt singulier, le français à l’étranger n’aime pas le tourisme… vous savez, ce terme péjoratif pour nous qui veut globalement dire que l’on voyage un peu trop classiquement. Du coup, il recherche le truc que personne ne va faire, ce joyau inexploré qu’aucune agence de voyage ne propose (doux rêveur) ! Quitte à faire cinquante bornes en vélos, trente bornes en canoë sans pagaie à la limite de la survie et voir trois pierres sous forme de ruines incas, il clamera que c’est à la limite plus incroyable que le Macchu Pichu. Parce que la survie a un sens pour notre frenchie et c’est ce qui le différencie du tourisme anglosaxon. S’il n’a pas un peu souffert pour admirer un site, il s’estime tout de suite spolié : « je suis certain qu’ils ont fait ça il y a quelques années avec du ciment… » « …un site inca dans une vallée, ça n’a aucun sens ». C’est pour cela qu’un français ira faire l’immense Parc Kruger (réserve animalière naturelle) pendant une semaine et voir au mieux une girafe à l’horizon et un lion endormi (et ramener en souvenir le palu), pendant que son collègue anglosaxon, plus rationnel, se dirigera vers une réserve privée où en 24h il aura vu les fameux big five et aura donné le biberon à un bébé léopard.
Vous l’avez compris, le bestiau n’est pas simple à comprendre pour les agences de voyages… et elles nous le disent : « vous les français, c’est toujours pareil, on vous propose un tour en quatre jours et immédiatement vous nous en demandez un en cinq jours, pour avoir plus de temps ». Parce qu’il lui faut du temps. Il déteste la pause de cinq minutes pour prendre trois photos (les derniers dans le bus sont toujours des français, expérience faite), il déteste être pressé pendant les repas et par-dessus tout il déteste… attendre les autres s’il est à l’heure.
Revenons à l’aspect sportif. Nous vous donnons deux exemples tirés de notre propre expérience. Rappelez vous notre passage en vélo dans la gorge du diable : il fait très chaud, on a mal aux fesses, on passe jusqu’aux genoux dans l’eau… eh bien nous avons croisé deux uniques couples… français (au même moment, ils sont au moins mille touristes en minibus dans la vallée de la Luna). Un autre pour les derniers sceptiques (des bons français ceux là) : la veille de l’ascension du Licancabur, nous avons dormi dans un refuge prévu à cet effet. Nous étions quatre groupes d’une trentaine de personnes au total… tous français ou suisses francophones.
Et bien malgré tout cela, nous sommes fiers d’appartenir à cette fratrie reconnaissable à son look d’Indiana Jones made in Quechua (décathlon).
Armelle & Flo

14 nov. 2008
Les Geysers del Tatio
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5 commentaires:
coucou les amoureux!
votre petit topo sur le tourisme à la française est très instructif et tellement vrai !on vous embrasse fort!gwéna et nico
salut florian comment ça va?
J'és
"Toujours plus loin dans l'aventure" pourrait être votre devise. La photo du désert d’Atacama est surprenante. La surface lisse est-elle celle d’un sable fondu par la chaleur ( !) ou est-ce le lac avec un rendu différent de la couleur (vert foncé) ?
Ca y est, vous êtes totalement plongés dans un autre monde, loin de notre réalité marécageuse.
Toute la famille vous embrasse fort, Véronique
Je viens de lire vos récits de ces 15 derniers jours;vous vivez vraiment une belle aventure;profitez-en et bravo pourla qualité de la rédaction et des photos!!!
Affections
Sésé
eh oui le Frenchie est épris de Liberté et la Liberté consiste aussi à se différencier des autres!
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