13 nov. 2008

Chili, nous voilà !

09 nov 2008

Départ d’Uyuni en bus… un bus qui tient debout grâce à la poussière accumulée ! Direction, via une piste, Calama au Chili, une grosse bourgade de 150000 habitants environ. La température est de 35°C en moyenne, sans un nuage. Nous n’avons plus que 4h de décalage avec la France.

Nous arrivons à la frontière bolivienne à 10h15. Très vite, on se rend compte que la frontière entre ces deux pays n’est pas aussi « laxiste » que celle entre le Pérou et la Bolivie. Deux principales raisons. Le Pérou et la Bolivie partagent la même passion pour la feuille de coca, pas vraiment le Chili. De plus, la guerre du pacifique à la fin du 19ème siècle a eu comme conséquence l’annexion de la bande bolivienne du pacifique par le Chili (très riche en minerais, en cuivre particulièrement) et donc l’absence de frontière maritime actuellement en Bolivie.

Aucun problème pour effectuer les formalités de sortie en Bolivie. Nous reprenons notre bus qui passe un barrage douanier côté Bolivie puis fait un kilomètre en plein désert avant de nous déposer. Un poteau indique Chili face ouest, Bolivie face est. Nous attendons une demi heure un bus chilien qui nous embarque et parcourt lui aussi un bon kilomètre vers le barrage douanier chilien. Nous effectuons ensuite les formalités d’entrée puis, après une heure d’attente, nous avons le droit à une fouille en règle de nos bagages. Nous reprenons le bus chilien en direction de Calama à 14h15… soit 4 heures pour passer la frontière sous une chaleur qui frôle les 35°C à l’ombre (on est pourtant à 3500m)!

La route en direction de Calama est magnifique. Nous passons sur le bord d’un Salar, les montagnes sont toujours aussi colorées par la richesse des minerais. Nous passons la plus grande exploitation de cuivre au monde à ciel ouvert : la montagne est complètement redécoupée à cet endroit. Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, du coup les mineurs de ce site sont des héros nationaux (mineurs de Potosi, nous avons un meilleur boulot pour vous !). En chemin, une mère de famille ouvre une fenêtre du bus qui roule à pleine vitesse pour y jeter un sac rempli de déchets (fait malheureusement habituel). Un touriste s’interpose et lui arrache la poubelle des mains, elle le remercie, visiblement gênée. Scène représentative du choc des cultures où l’occidental se sent l’obligation d’intervenir pour imposer sa manière de vivre, quitte à manquer de respect à l’autochtone… comme d’autres imposent leur « démocratie » à travers le monde (vaste sujet, polémique…à suivre).

L’arrivée à Calama nous fait redécouvrir la modernité. Rail de sécurité sur les grandes routes, parc automobile récent, habitations terminées avec toit et crépit coloré…Pas de doute, le Chili est un pays développé (PIB/hab. trois fois plus important qu’en Bolivie). Nous passons une nuit à Calama avant de partir pour San Pedro de Atacama. San Pedro est au milieu du désert d’Atacama, le plus aride au monde. En effet, durant la grosse heure de bus pour rejoindre cette ville, nous avons observé des montagnes pelées, des déserts immenses mais pas une pousse de végétation hormis dans l’oasis de San Pedro. Le ciel est ici d’une pureté telle que deux des plus grands télescopes du monde sont braqués dessus. Le petit village a beaucoup de charme avec ses ruelles de western, sa situation au pied du Licancabur (notre montagne fétiche) mais est également ultra touristique. Nous décidons de rester quelques jours ici pour explorer les environs. Au programme valle de la Luna et de la Muerte à vélo, lagunes et geysers naturels.

Quand la Mort rencontre la Lune : nous enfourchons nos deux beaux VTT sous un soleil de plomb, à 14h, direction la valle de la Muerte. Nous n’oublions pas nos 4 litres d’eau pour ce circuit d’une quarantaine de kilomètres dans le désert. On s’enfonce progressivement dans un canyon de montagnes rougies par le soleil et érodées par la pluie ce qui leur donne des formes étonnantes. Ce paysage mêle à la fois roches et dunes de sable avec vue panoramique sur l’ensemble du désert d’Atacama. Nous contemplons ce décor, accablés par la chaleur. Les pauses en eau sont fréquentes. La balade serait trop facile si le sable ne nous empêchait pas de bien rouler. C’est donc aussi à pied à pousser notre VTT en pleine montée que nous devons nous échapper de cette vallée qui porte si bien son nom.
Nous nous dirigeons alors vers la valle de la Luna, avec un doute sur l’orientation à prendre. Le plan dont nous disposons est loin d’être clair. Peu importe, nous décidons de prendre la grande descente de 4 kms, espérant qu’il ne faille pas la remonter... Après un temps certain à douter, à pédaler contre le vent sans vraiment savoir où on allait, le choix s’est avéré être le bon. Nous pénétrons une autre dimension. Des collines emplies de sel blanc, des dunes de sable couleur taupe et de la roche rose, nous sommes dans la valle de la Luna. C’est ici, qu’au coucher du soleil, les montagnes révèlent leurs plus belles couleurs. Nous allons de-ci delà, émerveillé par tant de beauté et de variété dans le paysage. Nous sommes heureux de constater que le paysage est bien différent que celui vu dans le Sud Lipez bolivien alors que quelques montagnes les séparent. 18h30, nous prenons place en haut d’une dune pour admirer le soleil se coucher. Le vent se lève et toujours aucun nuage. Durant une heure trente, nous assistons à un vrai spectacle. Comme prévu, le soleil illumine la dune et la roche allant du jaune or au rouge orangé. La lune, pleine pour l’occasion, s’est levée progressivement au dessus du Licancabur, étincelant la fine couche de sel de l’amphithéâtre naturel qui s’ouvre sous nos yeux. Nous reprenons nos VTT, des souvenirs pleins les yeux, pour parcourir les quelques 12 kilomètres restants au clair de lune. Il fait doux et on réalise avec bonheur cette sensation de liberté qui nous envahit : nous sommes en train de faire du vélo sur les routes chiliennes. 21h, nous arrivons à San Pedro, exténués, les fesses meurtries par ces 40 bornes à vélo assez peu confortables, mais enthousiasmés par cette nouvelle aventure.

Lever 7h30. Départ 8h30, direction le « Quebrada del Diablo » (gorge du diable). La reprise du VTT nous rappelle que nos fesses ne sont pas tout à fait remises de la balade d’hier. La piste longe le Rio Grande… mais aussi le traverse ! Le premier passage se fait sans problème puis le débit augmente. Nous ne pouvons éviter sur certains passages d’avoir de l’eau jusqu’aux genoux voire même de poser les pieds dans la rivière. Heureusement, il fait toujours aussi beau et surtout chaud, nos pieds et chaussures sèchent très vite. Après une grosse heure, nous arrivons à l’entrée de la gorge. Nous préférons poser nos vélos et continuer à pied. Un étroit sentier s’enfonce dans un dédale sinueux entouré par de hautes parois rosées par le soleil. Il fait de plus en plus chaud mais nous voulons atteindre le fond pour ramener le diable par la queue! C’est chose faite une heure plus tard et nous poussons même le vice jusqu’à escalader une colline pour avoir une vue panoramique de ce labyrinthe creusé par l’eau. Pas déçus. Nous retournons sur nos pas, enfourchons nos montures dociles mais peu confortables, retour à l’écurie comme dirait un célèbre cavalier de la famille.

Nous rendons nos vélos et allons trinquer à ces dernières 24 heures à braver et à contempler ce magnifique désert : « à nos escaliers, à nos chevaux, à nos femmes et à ceux…. »

Armelle & Flo




5 commentaires:

Anonyme a dit…

Coucou,
Que d'exploits ! Et que les sites que vous explorez sont beaux !
En sortant de la gorge du diable, quid de ce dernier ?
Big bisous et continuez de nous émerveiller.
Edith

Anonyme a dit…

Les vrais sportifs ne reculent jamais ! Nous sommes admiratifs mais aussi très fiers....et vous êtes comblés....
Belle leçon de vie !
Les élèves dépassent les "maîtres" heureux....
Avec tendresse.

Anonyme a dit…

Nous ne nous sommes pas encore manifestés depuis le début de votre belle experience que vous partagez si généreusement. Nous suivons avec assiduité vos réçits avec toujours autant de plaisir et peut etre aussi un leger brin d'envie d'être dans vos bagages ( mais seulement dans vos bagages pour gravir les 5900 m !!!)Merci de nous faire partager vos aventures.(avez vous trouvé un éditeur pour publier ces merveilleux récits de voyage?...)
Nous vous embrassons et vous souhaitons encore plein de belles aventures.
Géraldine, Nicolas, Aurore et Gabin

Anonyme a dit…

Ouahou !!!! Je reprends du service en lisant les premières impressions du Chili et je suis déjà sous le charme de ce pays. Vous avez une chance inouie d'avoir pu, grâce à vos vélos de fortune (!) et votre courage, assister au lent coucher du soleil.
Et, visiblement, la chaleur est au rendez-vous !! Pratique pour les chaussettes !!
Ici, c'est pluie, froid, nuit à 17h .... bref, on rentre dans l'hiver ; va chercher bonheur !!
Allez, gros bisous.
La belle soeur en grève de commentaires depuis 3 semaines !!
Alexia

Anonyme a dit…

bonjour ,impressionnés par vos exploits nous avons encore les pieds sur terre,ninick désire quelques pépites car elle veut vérifier vos écrits. nous vous embrassons affectueusement.