Nous profitons d’un moment de calme pour vous donner notre ressenti sur les conditions de vie au Pérou. Deux facettes : la vie d’un touriste puis celle d’un péruvien.
Un touriste au Pérou peut tenir le niveau de vie qu’il souhaite. Il peut vivre dans les 5 étoiles disséminées dans tous les coins touristiques, prendre un guide dans sa langue, louer un tout terrain pour les transports. Il peut aussi vivre dans des Hospedaje, être un adepte du système D, voyager avec les transports collectifs locaux. Le Pérou propose un tourisme adaptable aux souhaits de chacun sans qu’il y ait une catégorie particulièrement rejetée ou favorisée. Concernant le budget, nous ne pouvons parler que du tourisme économique. Il faut compter environ 50€ par jour pour un couple, transports compris (taxi, bus) : ce budget permet de d’avoir une chambre avec de l’eau chaude, de manger à sa faim (peut être pas d’une grande variété) et de traverser le Pérou en bus mais il n’inclut pas les accès aux sites et autres extras. La grande force du Pérou réside dans ses moyens de transports très économiques. Un taxi pour traverser une ville en 10 minutes : 1€. Un bus local pour faire 30kms entre deux villes : 0,5€/pers. Un bus touristique (moyen de gamme) pour faire 500kms : 15€ /pers. Cependant, ils savent aussi profiter du gringo : les excursions avec guides et les accès aux différents sites sont très couteux. Pour accéder au Machu Picchu depuis Cusco, il faut compter environ 75€/pers en train (monopole et unique accès au site hors système D que nous allons tenter bien évidemment). De manière générale, il faut se méfier des offices de tourisme et autres officiels qui conseillent systématiquement les solutions les plus coûteuses (il faut faire vivre le pays) avec un argument béton : la sécurité (quitte à vous rappeler qu’une organisation aussi dangereuse que les « FARC » a prospéré dans ce pays, « le sentier lumineux »). Ils vous feront prendre des guides pour des randonnées pourtant accessibles seuls, vous conseilleront la compagnie de bus Cruz del Sur (d’ailleurs ils n’en connaissent pas d’autres…) dont les prix sont aussi chers qu’un transport équivalent en avion, vous enverront vers les hôtels minimum 3 étoiles…
En résumé, une fois le billet d’avion payé et l’acclimatation à l’altitude faite, le Pérou est une très bonne adresse pour le touriste un peu avisé. Deux semaines peuvent suffire (en chronométrant les excursions) mais trois semaines nous semblent un minimum.
Le Pérou fait partie officiellement des pays du tiers monde. Ce qui ne veut pas dire grand chose pour nous. On pourrait aussi citer quelques chiffres officiels : PIB à 7600$/hab (cinq fois plus petit que celui de la France), alphabétisation à 80% (99% en France), niveau de pauvreté à 45% (6% en France) mais aussi croissance à 8% (2% en France), taux de chômage à 7% (équivalent à la France) et inflation maitrisée (3%). On le voit, il est difficile de se faire une idée avec des chiffres aussi contrastés. Notre sentiment est que le Pérou n’est pas un pays pauvre ou sous développé. Les commerces sont largement garnis, les habitations possèdent toutes l’eau et l’électricité (y compris dans les endroits les plus reculés où il faut 20 heures de pistes pour y accéder), il n’y a aucun problème de santé publique, l’éducation est une priorité (il suffit de constater que le bâtiment le plus récent d’une ville est une école), la sécurité est assurée par une police (équipée comme une armée) nombreuse et visible, le réseau routier principal et les moyens de transports sont en très bon état. Les péruviens ne peuvent évidemment pas avoir le même niveau de vie qu’un français alors ils priorisent sur le nécessaire : l’alimentation avant la voiture, la santé avant l’habitation. Le parc automobile date des années cinquante et possède une moyenne d’âge de 30 ans : un péruvien pas mécano est un piéton ! Leur habitat type est fait de terre séchée pour les murs, de charpente en bois et de taule froissée pour le toit : un péruvien pas bricolo est un… gringo ! Un mot aussi sur l’agriculture : leur technique est évidemment rudimentaire (charrue et bœuf) mais ils sont capables de cultiver un sol à 4000m incliné à 50° le long d’une colline sans appeler le gouvernement au moindre écart de précipitations. En somme, ce peuple n’est pas pauvre contrairement à ce que pourrait laisser penser la statistique sur le niveau de pauvreté. On rencontre dix fois moins de personnes très pauvres qu’en France. C’est un pays en voie de développement doublé d’une croissance forte mais pas démesurée.
Il manque à ce pays une chose indispensable : des sportifs !!! Nous avons eu beau chercher dans notre mémoire, nous ne connaissons aucun nom de sportif péruvien voire pire de grande sélection en sport collectif. On compte sur vous pour combler ce vide culturel. Une chose est certaine : ce n’est pas une priorité et à part quelques matchs de foot improvisés, nous n’avons pas vu un seul péruvien faire son jogging ou tapoter la balle.
Enfin, nous ne pouvions clore ce post sans parler du sujet top fashion dans nos pays occidentaux : l’écologie ou mieux le développement durable. Nous voudrions adresser un message personnel à un ami dont le projet professionnel rencontrera ici un vrai besoin : Vinz, fonce au Pérou, il y a du boulot pour cent ans avec le développement durable dans les entreprises !
C’est dans ces régions du monde qu’on se rend compte de la portée réelle des débats qui nous passionnent, nous occidentaux. Nous n’avons pas traversé un cours d’eau à haute altitude qui n’était pas polluée par des décharges publiques déversées à même la rivière… je vous laisse imaginer le résultat à basse altitude. Ici, le sans plomb n’existe pas et le contrôle anti pollution pour les véhicules enverrait à la casse 99% du parc : résultat, la pollution se ressent et se voit dans toutes les villes. Les habitations ne sont pas franchement isolées et au vue de la nourriture grasse et frit, ce n’est pas une mauvaise chose.
Vous l’aurez compris, le développement durable ne préoccupe pas vraiment le péruvien moyen et c’est plutôt normal. Avant de parler de développement durable pour la planète, il faudrait se demander si tous les pays ont les moyens de le mettre en place et du coup éviter si possible de leur imposer des contraintes que la population ne pourrait supporter. En même temps, il est clair que ce n’est pas le Pérou qui est le principal émetteur de gaz à effet de serre…
Si vous avez envie de réagir, les commentaires sont faits pour vous et cela nous permettra sûrement d’affiner notre analyse forcément subjective.
Viva El Perou et vive la France
Armelle & Flo

4 oct. 2008
Vivre au Pérou
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1 commentaire:
juste pour vous faire un petit coucou et un énorme bisou, ici les nuits se racourcissent et le froid commence à pointer le bout de son nez
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