22 oct 2008
Un paragraphe de ce message permettra de comprendre le titre… Jeu concours ouvert : nous comptons sur l’un d’entre vous pour expliquer ce titre dans un commentaire !
Nous sommes donc arrivés à La Paz ce jeudi en bus. La route de Copacabana à La Paz est superbe : elle commence par serpenter entre le lac Titicaca et le lac Mineur avant de s’enfoncer dans les terres avec la Cordillère Real en fond de paysage. Une étrangeté dans ce voyage : le lac vient littéralement couper la route goudronnée sur environ 1km. Le seul moyen de passer pour les véhicules est d’emprunter des bacs : nous nous demandons pourquoi l’état n’a pas construit un pont sur ce tronçon très emprunté…Vient la panne d’essence qui nous retarde une petite heure, le temps que le chauffeur prenne un combi en direction de la ville la plus proche et revienne : les boliviens semblent habitués à ce type d’événement.
Encore une fois, nous mettons du temps à trouver notre hôtel mais celui là est vraiment top : très propre, calme, eau chaude toute la journée, petit déjeuner complet, TV câblée… et wifi ! Le tout pour seulement 15€ ce qui va nous permettre de nous reposer de nos dernières aventures.
La Paz est une ville bien plus agréable que celle de Lima. En arrivant par la route, la première impression est que cette capitale est très étendue et surtout toute en dénivelée. En effet, l’altitude oscille entre 3300m au sud jusqu’à 4100m au niveau du quartier d’El Alto. Les maisons semblent plus terminées qu’à Lima. Les quartiers populaires côtoient les quartiers plus aisés au point qu’on ne ressent aucune insécurité en se baladant. C’est aussi l’une des premières fois ou nous avons pu traverser une grande partie de la ville à pied sans être averti d’une certaine dangerosité. Les klaxonnes et la pollution sont présents mais encore une fois moins importants qu’à Lima. En somme, passé la difficulté du dénivelé permanent et des efforts que cela demande à cette altitude, il fait plutôt bon vivre à La Paz.
Il est aussi très facile de se déplacer dans la ville ou dans sa proche banlieue. Les taxis sont très abordables, des combis sillonnent la ville avec un crieur qui donne sa destination et enfin des micros (sorte de minibus dont nous vous proposons une photo) de quatre couleurs différentes quadrillent la ville avec un itinéraire fixe « imposé » par sa couleur. Personnellement, je suis fan de ces micros de marque Chevrolet, Ford ou encore Dodge… au point d’avoir une trentaine de clichés que je compte bien mettre sur une grande photo.
Ce vendredi matin, direction la vallée de la Luna à quelques kilomètres du centre de La Paz. Nous prenons un combi-crieur qui nous dépose à l’entrée. Ce site fait en effet penser à un paysage lunaire : c’est un labyrinthe de gorges et de pitons érodés à flanc de colline mais mes connaissances en géologie ne m’autorisent pas à vous en dire beaucoup plus. Nous passons environ une heure à déambuler dans ce labyrinthe étrange sous un soleil de plomb mais supportable grâce à l’altitude. Une photo d’Armelle imitant le vol du condor vous permet également d’admirer une partie du site.
L’après midi, nous nous dirigeons vers une prison très particulière et qui d’après le lonely planet semble être unique au monde. La prison de San Pedro se situe sur une des places les plus touristiques de la ville : la plaza Sucre. Elle doit sa renommée à son fonctionnement unique : aucun gardien n’est présent à l’intérieur, il n’y a pas de couvre feu, les détenus ne portent pas d’uniforme et doivent travailler pour payer leur cellule. Les prisonniers les plus riches (=les plus costauds) ont de grandes cellules avec TV câblée et équipements haut de gamme, d’autres se contentent de partager un dortoir à douze avec un lavabo et un miroir. Selon les chiffres officiels, on déplore seulement quatre décès (de mort naturelle….) par mois. En l’absence de gardien, les détenus s’organisent eux-mêmes et se choisissent des chefs.
San pedro ne se visite pas bien sûr… en tous les cas pas en voyage organisé. Nous commençons par faire un tour de la prison pour s’apercevoir que les gardiens à l’extérieur sont eux lourdement armés avec des armes de guerre. Ce qui parait incroyable, c’est la situation de cette prison en plein centre ville, avec des habitations à moins de cinq mètres du mur d’enceinte : on imagine que les locaux sont à l’affut des infos sur les évasions. Puis nous nous sommes assis sur un banc en face de l’entrée pour essayer de comprendre le fonctionnement : les visiteurs passent un premier porche avant d’être légèrement fouillés, passent sous un portique et enfin un gardien ouvre la grille… vous êtes alors dans la prison, sans gardien !
Nous voulions en savoir plus… en trainant près de la prison, une personne qui semblait bien connaître les gardiens nous propose de rentrer par une porte de côté pour parler à des détenus, séparés par une grille. Long moment d’hésitation, puis nous acceptons. Nous rentrons par cette porte et les gardiens armés semblent étonnés de nous voir mais ne disent rien. Nous faisons d’abord la connaissance de Stuart, un sud Africain : nous lui serrons la main à travers la grille mais gardons une certaine distance. Il a du mal à s’exprimer et demande à son pote Omar de venir. Omar est beaucoup plus prolixe. Il nous explique que cette prison est semblable à une petite ville, divisée en huit secteurs organisé autour de patios et de petits balcons. Les prisonniers vivent avec leur famille qui peut aller et venir à sa guise. Cela fait environ trois ans qu’il est ici et pour lui c’est aussi bien qu’une maison : TV, douche, copains, foot, famille et son commerce (il tient la tienda de la prison)…Il oublie la violence permanente qui règne à l’intérieur mais sa carrure et son visage font penser qu’il fait plutôt parti des chefs ! Il nous propose même de rentrer à l’intérieur de son bloc moyennant 30€ par personne en nous rassurant sur le fait que d’autres l’ont déjà fait : il ira jusqu’à nous prendre par le col pour nous convaincre que s’il avait voulu nous agresser, il l’aurait déjà fait (sauf que les gardes armés à nos côtés nous rassurent un peu). Nous déclinons cette invitation… en estimant que si d’autres sont déjà rentrés, il ne nous a pas précisé s’ils sont sortis depuis ! Nous remercions Omar et Stuart en leur serrant la main et sortons de cet univers unique et étonnant.
Il nous reste un peu de temps pour élargir notre faible culture. Le musée national Del Arte est un incontournable de La Paz… Le bâtiment est en effet magnifique, palais en granit rose avec son patio joliment rénové. On est moins conquis par les œuvres des différents artistes latino américains qu’on ne verrait pas trôner dans notre salon ! Ils évoquent essentiellement la trinité avec des peintures beaucoup trop chargées et tristes à notre goût. Une exposition de sculptures d’une artiste à la mode, Marina, nous permet d’apprécier les courbes et les rondeurs qui sont spécifiques à cette région du monde.
Nous décidons alors d’aller encore plus loin dans l’histoire de l’art avec… le musée de la coca ! Ce musée explore le rôle de cette feuille sacrée dans les sociétés traditionnelles, son utilisation par les industries de soda et de la pharmacie, et l’augmentation de la demande de cocaïne. L’exposition se veut une défense de la feuille de coca par le sacré qu’elle représente aux yeux des boliviens tout en condamnant ses dérivées dont la cocaïne. Elle insiste cependant beaucoup plus sur les aspects positifs de la feuille de coca (nutritif, pharmaceutique) que sur les conséquences néfastes de ses dérivées pourtant visibles dans nos sociétés occidentales : elle met en avant le rôle néfaste de l’occident (des conquistadors en particulier) qui a fait d’une feuille sacrée une drogue de plaisir virtuel. La Bolivie comme le Pérou interdit la production de feuille de coca pour un autre usage que pharmaceutique (obligation de l’ONU) : 90% des boliviens ruraux mâchent des feuilles de coca très régulièrement et un mariage s’accompagne, dans les campagnes, par la culture d’un nouveau champ de coca! La Bolivie semble être le plus important pays producteur de feuilles de coca mais contrairement à la Colombie, la consommation traditionnelle (maté de coca et mastication) semble l’emporter sur ses dérivées et son exportation. Pour notre part, nous sommes fans du maté de coca, moins de la mastication (mais on n’a pas encore la bonne technique à priori) et pour le reste, nous sommes encore capables de prendre du plaisir par des choses simples.
Enfin, pour information, le coca cola utilisait à ses débuts des feuilles de coca : la coca a disparu dans la nouvelle formule et donc la dépendance semble plutôt liée au sucre. Et pour réaliser un kg de cocaïne cela nécessite plus de 300 kg de feuilles de coca et revient à un coût de production de plus de 2000$ le kilo…
Nous partons ce samedi soir en direction de Sucre pour 14h de bus. Nous faisons finalement l’impasse sur Sorata.
Armelle & Flo

25 oct. 2008
Sona
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5 commentaires:
....n'y a t'il pas un parallèle avec la prison et et les foyers de la " Sonacotra " ??...Il était sage de ne pas y entrer !!
Bravo pour ce récit " savoureux " et vos si belles photos....
Trop chouettes ces bus !! et vive la "wifi" !!!!
A demain ...
Mieux = "Prison Break "...!
Armelle & Flo mènent l'enquête à San Pedro ... Je veux la suite :D
Sona" est le nom d'un pénitencier fédéral situé au Panama.
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