8 oct. 2008

Le Machu Picchu par la face nord

05 oct 2008

Nous quittons le petit village de Pisac en direction d’Aguas Calientes. L’itinéraire « face nord » du Machu Picchu est simple : atteindre en bus le village de Santa Maria puis en combi celui de Santa Teresa avant de se rendre à pied au village d’Aguas Calientes, se situant au pied du Machu Picchu. Il faut savoir qu’il existe également un train réservé aux touristes (pour les locaux, il existe un autre train) pour Aguas Calientes moyennant des tarifs excessifs (40$ par personne pour 30kms en train). Ce n’est pas dans nos moyens et surtout nous préférons découvrir une partie peu connue du Pérou, celle humide avec sa forêt équatoriale dense et une absence totale de touriste (à part la dizaine de routards qui connait cet itinéraire bis).

De Pisac, nous montons dans le premier bus attrapé au vol pour Urubamba dans lequel nous voyagerons debout. Une heure plus tard, arrivés à Urubamba, il faut trouver un bus se rendant à Santa Maria. Un départ est possible à 14h30 mais le bus est plein. Nous avons le choix d’attendre le bus de 23h dans lequel il y aurait encore des sièges de libre. Sachant cela, Flo décide de prendre les choses en main et de faire du stop… sans succès ! Nous décidons de monter dans le bus de 14h30, persuadés d’avoir deux petites places pour nous. L’espoir durera ¼ heure avant d’atteindre un village et que nos deux places du fond soient prises de droit. Pour info, le bus contient que des péruviens et nous ne sommes pas les seuls debout (on a alors le droit à une remise de 5 soles soit 1 €). C’est donc debout que nous attendons avec impatience le prochain village où descendront des passagers… attente payante mais trois heures plus tard ! En effet, le bus est parti d’un village à 2500m pour passer un col à 4000m avant de redescendre dans une vallée, sans croiser de village. Dans la descente, il faut avoir le cœur bien accroché entre les odeurs de surpopulation dans ce bus des années 50 et les virages à 180° où les freins grinçant nous séparent d’un ravin de plus de 1000m.
Cette expérience fut au moins payante pour faire la connaissance d’une famille péruvienne. Nous étions debout entre la maman et les deux filles à notre droite et le papa et le fils à notre gauche (les cinq sur trois sièges). Au début, ils nous regardaient à peine (le péruvien est plutôt froid au premier abord). Il a fallu aider la maman à réchauffer ses filles pour que la glace se rompe : le fils qui voulait savoir d’où l’on venait, le père qui souhaitait nous aider à descendre au bon endroit, la mère qui espérait qu’on trouve vite deux places. Ces différentes expériences nous permettent de mieux les comprendre … au détriment de notre confort !
Nous arrivons à Santa Maria vers les 19 heures, fin de la route. Le seul moyen pour atteindre le village de Santa Teresa est de s’y rendre en combi (genre de minibus Volkswagen de 10 places) pour une heure de piste. Le hic, c’est que ce fameux combi ne part qu’à 4 heures du matin, pas avant ! Nous parvenons à négocier un départ anticipé avec l’aide de deux routards (un égyptien et un canadien) également impatients de rejoindre Santa Teresa. Santa Teresa est un village bien plus animé que ne l’était Pisac, pourtant au fond d’une vallée et accessible que par la piste. Il faut croire que le tourisme à tendance à annihiler l’ambiance d’un village. On y rencontre quelques étrangers de tous horizons, impatients de partir à l’assaut du Macchu Picchu par cette voie.

Une nuit de sommeil bien méritée dans un hospedaje défiant toute concurrence (20 soles la nuit, soit 5€) et nous voilà repartis pour atteindre le village d’Aguas Calientes. Nous prenons un taxi collectif avec un Suisse allemand et un couple d’Argentins pour faire la portion Santa Teresa - la centrale hydroélectrique. A six dans une voiture de collection dont les amortisseurs doivent d’être d’origine et sur une piste à flanc de colline, l’arrivée à la centrale nous procure le même plaisir qu’un atterrissage réussi en avion charter sur piste détrempée avec vent de côté. Fin de la piste et début de la marche. Nous partons tous les cinq en suivant la voie de chemin de fer qui mène à Aguas Calientes. Nous sommes les seuls à porter toute notre maison car pour la plupart, le Machu Picchu est une étape dans leur voyage ce qui leur permet de ne partir qu’avec une brosse à dent. Le ciel est lourd, la pluie nous accompagne ainsi que ces magnifiques pucerons de rien de tout, gros comme une tête d’épingle. Il s’avère qu’il s’agit de petits moustiques qui nous sucent tout notre sang. Je ne décompte pas moins de 17 piqûres sur une seule de mes mimines… Le chemin est un peu chaotique, nous marchons sur le ballaste en suivant des yeux les traverses mais le paysage vaut le coup. Nous sommes plongés dans une sorte de jungle, à la végétation luxuriante. Il nous faudra près de trois heures pour arriver à Aguas Calientes. Coût total de la face nord : 35 soles à comparer aux 120 soles du train.

Ce village, appelé aussi Machu Picchu pueblo, est encaissé au fond de la vallée le long du fleuve Urubamba qui présente un fort débit vu les précipitations abondantes de la région. Ce village, ultra touristique et donc ultra cher, est entouré d’imposants blocs de granit lesquels retiennent tous les nuages. Résultat, il pleut en continue depuis notre arrivée hier midi. Nous avons donc décidé de retarder notre ascension vers le Machu pour demain en espérant un mieux mais sans conviction. En attendant, nous venons de nous balader dans cette ville séparée en deux : rive droite pour les touristes (devantures refaites, restaurants et boutiques artisanales, place centrale avec ses monuments…), rive gauche pour les habitants (pas de crépit, toits en taule, linge qui sèche sur les murets et vu le temps…). On se sent mieux à déambuler côté rive gauche, là ou on ne nous demande pas tous les deux mètres si on veut manger, acheter une zampoña ou prendre une « picture por one sole ». Ceci nous a permis de voir un match de foot amateur sur terrain de hand en ciment parsemé de flaque de boue : il faut avouer qu’ils se donnaient à fond (à part Alex qui ne bougeait pas son cul avec ses deux pieds gauches) et que techniquement c’était très bon. Nous avons également pu assister à la technique dite du « pécheur ». Un homme avec une brouette remplie de sable face à une pente montante en ciment détrempée (inclinaison 30° environ) : il prend son élan et au milieu de la pente quand ses pieds patinent et qu’on pense revivre le plus vieux gag du monde, son copain au sommet de la pente tend un crochet avec un fil de fer pour agripper la brouette et tirer par le haut. En réfléchissant, j’aurais bien aimé être présent aux débuts difficiles de cette technique, lorsque le crochet n’atteignait pas son but ou mieux lorsqu’il cédait près de l’arrivée…

A part ça la vie continue à Aguas Calientes : il pleut, Armelle utilise le mousticlick pour soulager ses boutons de moustique et je me demande si nos chaussettes (4 paires étendues sur nos bâtons de marche entre le lit et la fenêtre) qu’on a lavées hier midi vont sécher un jour… la dernière paire servant de répulsif dans la chambre !

Hasta la vista comme dirait le gouverneur

P.S. : le premier qui nous donne le nom de la technique aux échecs qui consiste à « échanger » de position la tour et le roi ainsi que le nom du film auquel nous faisons référence ci-dessus (ce qui dénotera une culture très large) gagne … le plaisir d’être cité dans un des blogs les plus fashion du moment !

Armelle & Flo












4 commentaires:

Anonyme a dit…

il y a le grand et le petit roque(à ne pas confondre avec le roquet) quant au septième art je ne vois pas le "rocker" peut-être mais je préfère cô aux dames roquer n'est pas jouer!bisous encore merci de nous émerveiller .

Veroby a dit…

Après quelques jours de marche sur les chemins de St Jacques, je me plonge dans votre site et arrive sur les pentes du Machu Picchu. Je suis bien décidée à vous suivre mais pas d’inquiétude, je me ferai très légère.
Merci de nous conduire dans cette aventure étonnante. Gros baisers,
Véronique et Christian

Anonyme a dit…

Par monts et par vaux en espérant monts et merveilles....lorsque la grimpe "esta muy duro" pensez aux cyclistes du Tour avec leurs boissons enchantées !

Quant à nous , nous "suçons" vos roues avec délectation et tendresse.
Gazetta et Hector

Anonyme a dit…

Pour Terminator, ça va, c'est dans mes cordes.
En revanche, je ne connais qu'une figure aux échec (le roque, je crois même qu'il y en a un grand et un petit), mais je ne suis pas certain qu'il s'agisse de celui que vous demandez.

Manu (qui lit les post dans le désordre)