20 sept 2008
Avant tout, un grand merci pour vos messages et vos nouvelles qui nous touchent. Pour info Gwéna, il y a 7 heures de moins ici!
Notre dernière soirée à Nazca nous a donné l’occasion d’assister à un match de foot sur la place publique du village. Nous étions vendredi soir, l’école finie, les enfants du village ont improvisé des buts autour de la statue de la place. Très contents d’avoir un public, ils nous ont sorti le grand jeu et ont pris la pause pour la photo de l’équipe, comme des pros.
Nous prenons ensuite un bus de nuit en direction d’Arequipa. Nous commençons à apprécier l’exactitude des horaires péruviens… nous l’attendrons plus de deux heures dans le froid… A 7h du matin nous arrivons dans cette jolie ville d’Arequipa située à 2500m d’altitude, dite la ville blanche. Nous sommes agréablement surpris par Arequipa, un centre ville propre, aux maisons aux étages terminés et non laissés à l’abandon en attendant…on ne sait quoi si ce n’est probablement une rentrée d’argent, une ville où l’on ne ressent pas d’insécurité et où il fait bon être « touristes ». Le chauffeur de taxi nous recommandera cependant de ne pas sortir du « centre touristique » et de ne pas se promener avec nos sacs à dos, passeports et autres objets de valeur. Centre touristique qui chez nous porte le nom de centre historique…
Après une bonne nuit de sommeil nous empruntons un bus public en direction du fameux Canyon del Colca. Un des plus impressionnants canyons au monde qui avoisine les 3000m de profondeur par endroit.
Cinq heures de bus avec des locaux nous permettent d’apprécier davantage le quotidien de ces péruviens qui voyagent de villes en villes, souvent debout, avec, sur leur dos, ces châles aux couleurs étincelantes dans lesquels les femmes portent leurs bébés ou les tissus, bonnets, pulls et autres spécialités du pays destinées au commerce touristique.
Cinq heures de bus qui nous permettent aussi d’apprécier le paysage magnifique. Peu à peu, nous nous enfonçons dans ces vastes étendues désertiques perdues au milieu des trois volcans qui entourent la ville d’Arequipa dont le célèbre « Misti ». Nous sommes loin d’imaginer qu’une vie soit possible dans un milieu aussi reculé et pourtant, après avoir passés plusieurs cols à 4000m, nous arrivons à Cabanaconde, petit village perché à 3290m. Ici les femmes ont troqué leurs habits occidentaux pour revêtir les habits traditionnels, des jupes superposées, des corsages aux broderies multicolores et leurs chapeaux assortis laissant dépasser leurs longues nattes noires. Nous avons enfin la sensation d’être plongés au cœur du Pérou traditionnel.
A peine arrivés, nous nous lançons à l’assaut de ce canyon pour une randonnée de 2 jours. L’acclimatation n’est pas facile. Nous plongeons 1000m plus bas dans le canyon. Une longue descente qui nous rappelle bien que nos genoux et pieds n’apprécient pas cette forme d’exercice mais nous offre un paysage spectaculaire, un gouffre au milieu de montagnes à plus de 5000m. Nous observons une famille de condors, rapace majestueux, roi de la montagne. Nous passons le pont qui nous mène sur l’autre versant. La fonte des glaciers fait couler l’eau à flots au fond du canyon en ce début de printemps ce qui rend la végétation luxuriante. Nous avons la sensation d’être dans une forêt magique digne des contes de fées. Après quelques heures de marche, nous faisons halte dans un petit village accroché à la colline, San Juan de Chuccho, où nous passerons la nuit chez l’habitant sous un ciel étoilé.
De bonne heure, bon pied, nous reprenons la route en direction de l’oasis de Sangalle situé au fond du canyon à 2180m. Nous traversons plusieurs petits villages où les péruviens ont su s’adapter à la nature pour la détourner à leur profit. Ils ont construit tout un réseau de canaux organisés pour dévier la fonte des neiges et ainsi pouvoir organiser une culture et assurer leur autonomie en pleine montagne.
Puis vient le temps de la dernière ascension vers Cabanaconde, un dénivelé d’environ 1200m. Tout se cumule : sacs à dos lourds (17kg et 12 kg), chaleur écrasante, altitude… C‘est pire que les 25 bosses par 40°C sacs au dos, pire que la deuxième étape du GR 20, pire que ce qu’on aurait pu imaginer. Bref, il nous faudra un peu plus de trois heures pour arriver à bout de ce canyon sous un soleil de plomb mais nous sommes heureux, heureux de voir autant de beauté autour de nous. Nos corps meurtris seront nous rappeler les heures suivantes qu’on n’improvise pas une telle randonnée sans être acclimaté : courbatures, mal de tête, nausées… A notre arrivée au sommet, nous sommes escortés par Jasmin, 6 ans, et Oscar son frère, 7 ans, avec qui nous échangeons quelques mots. Ils nous racontent le thème de la journée d’école : les fleurs et les nombres jusqu’à 47, un vrai programme scolaire.
Nous passons la nuit à Cabanaconde et repartons le lendemain matin pour Arequipa toujours en bus local…Nous faisons une halte à la Cruz del Condor, endroit magique et stratégique où les condors se donnent en spectacle.
Le voyage est long, sinueux sur ces routes de montagnes, l’altitude se fait sentir… bref, nous arrivons à Arequipa avec « un petit cœur » et décidons de nous reposer une bonne nuit.
Nous repartons ce soir, en bus un peu aménagé, pour arriver à Lima demain matin d’où nous prendrons la direction de Huyuanco par le train des Andes, vous savez celui qui passe dans les nuages à flanc de falaise !
Ces multiples voyages en bus nous ont permis de longer la côté sud-ouest du pays depuis Lima via la Panamerica, cette route qui traverse l’Amérique du Nord au Sud. Nous passons de villes en villes, espacées de plusieurs centaines de kilomètres, lesquelles sont perdues au milieu d’un désert de montagnes qui s’étend à perte de vue.
Nous pensons bien à vous…et vous embrassons fort.
Armelle & Flo

24 sept. 2008
La ville blanche et son canyon
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3 commentaires:
Hola Chicos
Os escribo en español ya alli es el idioma que teneis. He leido vuestras aventuras y es fantastico. Seguir disfrutando y tomar su tiempo para encontrar gente...
Un abrazo. Nico
Bon sang que cela fait envie et rêver !
Et puis tiens, pour rien vous cacher et pour me mettre dans l'ambiance, j'écoute "El condor passa" et je crois deviner les cercles des rois des montagnes dans un ciel bleu et limpide...
Continuez à nous faire rêver ! On en redemande ! Mais attention à vos genoux.
Bises
Eric
Magnifique vos récits, et bon courage pour les randonnées !... c'est pas toujours le Pérou ...euh bah si ?! :)
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