27 sept. 2008

Dans les nuages

26 sept 2008

Pour prendre le train des Andes, il a fallu que l’on revienne à Lima… 16h de bus pour environ 1000km le long de la côté sud péruvienne.

Nous avons pris un bus plutôt très confortable avec inclinaison des sièges dits « semi cama » et TV. Départ à 20h30 et lancement du premier film par « l’hôtesse » : SAVED, comédie sentimentale américaine. Un bon moyen de s’assoupir (d’autant que le film est en espagnol sous titré en anglais). Fin du film à 22h00 et alors que nous pensions tranquillou s’endormir, lancement d’un second film espagnol celui là… on sort les boules ear, le masque pour les yeux hyper utile (merci Alexia) et on essaye quand même de dormir. A 23h15, l’hôtesse nous réveille pour nous demander de descendre du bus pour un « cenar » : on a beau lui dire qu’on a déjà diné et qu’on veut dormir, rien y fait, sans compter que notre appétit n’est pas vraiment revenu et que depuis deux jours on ne mange pas grand chose. On reprend le bus à 00h00. Nous pensons alors que le plus dur est passé… A peine le temps de s’assoupir 2 minutes et notre voisin de gauche déclenche un ronflement sorti d’ailleurs. Résultat et après plusieurs échecs pour le réveiller, je finis par m’endormir vers 2h00. Réveillé à 7h00 par un nouveau film qui démarre, le son au max : Anaconda. Là on se dit que la nuit était un peu courte et qu’en plus on se tape le film le plus naze à notre connaissance. A cet instant, nous nous trompons lourdement. Le film suivant est un des nombreux Jackie Chan, celui où il enseigne à un élève son art. Nous pensons alors avoir touché le fond et c’est sans compter sur le dernier film : police academy ! Vous vous rappelez du voisin au ronflement à homologuer … et bien fan de ce type de film avec le rire qui va avec… Fin du voyage 12h00.
Ce récit pour vous informer aussi de l’envers du décor !

Cet après midi de détente à Lima nous aura surtout permis de se faire un vrai cadeau … une lessive quasi complète de nos affaires toutes poussiéreuses de notre expédition dans le canyon. Il faut dire que le concept de laverie automatique n’est pas arrivé jusqu’à Lima et c’est non sans difficulté que nous finirons par trouver une « laundry » qui accepte cette mission dans un temps imparti… nous repartons à l’aube le lendemain matin.

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous dirigeons vers « Desamparados », le départ d’une journée inoubliable.
Le train que nous allons prendre, appelé « train des Andes », relie Lima à Huancayo, sur la voie qui était autrefois la plus haute du monde (avant que les Chinois ne construisent leur ligne d'invasion du Tibet il y a quelques années), appelée « Ferrocarril Central Andino ». Notre voyage débute à Lima, à la gare Desamparados qui se trouve à 150 m d'altitude. Nous montrons jusqu'à 4781 m pour rejoindre la gare de Galera, la plus haute gare au monde. Nous redescendrons ensuite jusqu'à Huancayo, notre destination, qui se trouve à une altitude de 3261 m. Le train mettra plus de 12 heures pour parcourir 332 km. Nous traverserons 69 tunnels, passerons sur 58 ponts et ferons 6 zig-zags.
Avant de rentrer dans les détails, nous lançons un défi aux amateurs de BD. Ce train est décrit dans une bande dessinée et les personnages vont même jusqu’à l’emprunter. Ceux qui nous laisseront en commentaire le nom de la BD auront gagné… toute notre estime ! La réponse au prochain post.
Nous nous éloignons progressivement de Lima et de ses nombreux quartiers adjacents sous la grisaille habituelle de cette ville. Ce train, composé de cinq wagons, une voiture bar avec plate forme et une locomotive a un air de train des années 30 où nous sommes très bien installés. Après quelques kilomètres, nous faisons une halte à la gare de Bartolemy pour une manœuvre de la locomotive. En effet, elle est détachée de l’ensemble des wagons, placée sur une plate forme tournante pour lui faire faire un demi tour puis refixée à l’avant du train. Cette manœuvre est nécessaire car le dessin du trajet ne permet pas au train de monter d’une seule traite. C’est aussi pour cela que nous ferons plusieurs zig zags par la suite. Nous serons tantôt tractés tantôt poussés.
Nous faisons un tour sur la plate forme arrière du train où nous sommes rapidement rejoints par un groupe de jeunes péruviens (16 ans environ) aux allures des jeunes du 16ème… Cà fume, çà boit la spécialité locale, le Pisco sour, çà dance, une vraie ambiance festive digne d’une boite de nuit.
Nous prenons doucement de l’altitude et adoptons enfin le remède andin contre le mal des montagnes : le maté de coca… une sorte de décoction ou infusion (je ne sais pas trop) des fameuses feuilles de coca. Le remède fait ses preuves, nous supporterons bien mieux les 4781m… la progression dans les nuages est nettement plus douce…
Plus de 12h à 30 km/h en moyenne, pour admirer ces paysages fantastiques. C’est en arrivant à la gare de Galeria, le point culminant, que nous profitons pleinement de cette beauté naturelle. Des lamas dans des plaines avec des lacs entourées de montagnes rouges et jaunes. Nous n’imaginions pas la Cordillère des Andes ainsi mais peu importe, c’est magnifique. Surement nous réserve-t-elle bien des surprises.
Puis nous redescendons tout aussi lentement que nous sommes montés pour le plaisir des yeux. Nous arrivons à destination, Huancayo, en début de soirée sous une pluie fine. Eh oui, il ne peut pas faire beau tous les jours non plus…

Nous retrouvons le bruit des klaxons, le monde et un peu la pollution. Nous mettons la main sur un hôtel. Nous dormirons, comme chaque soir, dans nos sacs de couchage par souci d’économie de l’eau de lavage des draps J, économie certainement déjà comprise dans le prix de la chambre…
Contents d’être arrivés nous nous penchons sur la suite : rejoindre Cuzco car la petite ville de Huancayo ne présente pas plus d’attrait que cela. C’est là le premier coup dur du voyage car nous apprenons que pour ce faire nous devons repartir pour Lima (7h de bus au bas mot) et prendre un bus (environ 20h) en direction de Cuzco. Autrement dit, il n’y a apparemment pas de bus qui joignent Huancayo à Cuzco. Nous esquissons un premier sourire, de fatigue probablement, avant de comprendre le problème. Nous obtenons confirmation auprès du serveur du restaurant. Trois choix s’offrent à nous : revenir à Lima (gggrrrrr très long, cher et fatiguant), faire du stop jusqu’à Cuzco et voir les bus locaux en direction de Cuzco (il y a une route, il doit bien y avoir des bus). Après concertation et quelques recherches, nous décidons d’attaquer le Pérou par ses sentiers dépourvus de touristes : nous prendrons le bus local en direction de Cuzco via Ayacuccho. D’après les témoignages que nous venons de lire sur internet, c’est une route absolument spectaculaire, se serait dommage de passer à côté de çà, non ? Nous nous endormons épuisés.

A bientôt à Cuzco, porte vers le Machu Picchu

Armelle & Flo





2 commentaires:

Anonyme a dit…

Hello les randonneurs!
Comme je pense être un des premiers à lire ce récit je tente ma chance pour votre grand jeu concours: ce n'est pas Tintin qui a pris le train des Andes avant vous?
Sinon, bon courage pour le stop à travers la cordillière, ça va être canon!
Et le maté, ça marche encore mieux bien sucré! Biz
Marc

Anonyme a dit…

Salem

Quel aventure ces derniers jours. Je lis que vous optez pour l'hotel (enfin ce que localment est appelé hotel) l 'habitant ne serais pas bien accueillant au Perou ? Sanae ne dis de vous demander des photos pour suivre vos aventures. Bien attention a vous. Jaaf