1 sept. 2009

Epilogue

Nous débutons ce message au Malawi et nous le posterons à notre retour en France. C’est avec une certaine émotion que nous écrivons ces dernières lignes.

Il est 8h à Salima. Nous attendons un bus d’une grande compagnie. Vers 8h05, nous voyons arriver un bus qui a échappé de justesse à la casse il y a 50 ans… Ce n’est pas celui qu’on attend mais en demandant à plusieurs personnes, on nous confirme que seul celui là nous mènera où l’on veut. Nous embarquons, nous ne sommes plus à un voyage mouvementé de plus. Nous payons et cinq minutes plus tard, nous voyons débarquer le bus que nous attendions… même après six mois, nous nous faisons encore rouler. Ils sont forts ces africains. La suite est en effet chaotique, les amortisseurs ayant été remplacés par des ressorts de trampoline et la carlingue menaçant de s’affaisser sur elle-même à chaque irrégularité de la route, c'est-à-dire tous les cinq mètres. Nous arrivons à mi chemin à Balaka et nous devons trouver un autre moyen de transport pour continuer. On nous propose des mini bus bien trop chers à nos yeux et en discutant avec un malawien qui attend, nous apprenons qu’un gros bus va bientôt arriver. Bientôt… 2 heures plus tard, et après avoir donné quelques affaires à un gamin qui vendait des sucettes (un trésor à voir ses yeux), nous embarquons avec notre nouvelle monture. Elle mettra plus de deux heures pour faire 90 kilomètres. A notre arrivée à Zomba, nous nous mettons de suite à la recherche d’un petit hôtel pour la nuit. Nous le trouvons assez vite avec douche dans la chambre, le luxe. D’autant que la gérante nous a assuré qu’il y avait de l’eau chaude… entre minuit et 8 heures du matin.

Après une bonne douche froide prise chacun vers 7h (un classique, mais cette fois ci on n’y a même pas cru à son histoire), nous partons en direction du plateau qui domine la ville 2000 mètres plus haut. Des multiples taxis nous proposent de nous emmener pour 30€. Nous créons un attroupement en négociant. Le hic, c’est que nous leur proposons 5€ ce qui les fait rigoler. Ils descendront à 10€ mais pas en dessous. Nous refusons et devant leur insistance à nous expliquer que nous n’avons aucun moyen pour rejoindre le plateau en dehors d’une marche longue de plus de trois heures avec nos gros sacs, je leur réponds que nous avons fait le Kili ! Ca a le mérite de les calmer mais je sais très bien au fond de moi-même que nous ne voulons pas nous taper les huit kilomètres d’ascension aujourd’hui. Nous partons en direction du plateau et une fois que nous nous trouvons hors de portée de leurs regards, nous posons nos sacs et nous nous asseyons. Nous allons tenter l’autostop pour la première fois en Afrique. Nous n’attendons pas dix minutes qu’une voiture nous propose de nous monter moyennant 3€. On prend avec joie. C’est un taxi qui monte pour prendre des touristes en haut et plutôt que faire le voyage à vide…

« Sunbird Ku Chawe ». Nous en rêvions depuis quelques jours et à la vue de ce charmant hôtel à flanc de colline, nous sentons que nous allons passer deux jours plutôt agréables. Nous sommes accueillis par Catherine qui a bien reçu notre petit mail qui disait que nous fêtions nos 3 ans de mariage. Elle nous surclasse donc pour une chambre « deluxe » et note sur sa main que le jour J est pour le lendemain. Nous entrons dans notre « immense » chambre, toute propre avec moquette, grand lit, salle de bain avec baignoire et douche mais surtout une grande cheminée pour nos soirées. Nous donnons de plein pied sur un jardin en escalier qui surplombe Zomba. Deux chaises longues sont disposées sur notre terrasse pour profiter de cette magnifique vue. Nous déjeunons au restaurant qui lui aussi surplombe la vallée. Nous voyons passer quelques babouins à quelques mètres de nous de branches en branches à l’affut d’une inattention de notre part. Peine perdue. Nous consacrons l’après midi à un farniente bien mérité entrecoupé d’une ballade dans le superbe jardin exotique aux milles senteurs. Un régal. Nous commandons un feu vers 17h30 aussitôt allumé avec un grand brasier. On se croirait en hiver à la montagne.

Aujourd’hui, nous allons faire notre dernière randonnée sur le plateau de Zomba. Nous avons récupéré une carte plutôt imprécise et malgré les multiples conseils qu’on nous donne pour prendre un guide, nous partons « à la truffe ». Nous commençons par demander notre chemin à quelques locaux pour bien s’orienter puis nous nous lançons sur les sentiers avec le soleil comme guide. Nous croisons une petite cascade type « japonaise », charmante mais loin d’Iguazu mais surtout ce que nous apprécions c’est le calme. Le sentier tortille au milieu d’une forêt de pins et seuls les oiseaux et de grands papillons nous accompagnent durant cette journée. Il fait un temps magnifique et l’altitude permet de ne pas trop souffrir de la chaleur. Nous arrivons à notre objectif, la « vue de la reine ». Nous nous installons pour déjeuner devant ce panorama somptueux, dans un calme assourdissant. Au retour, nous croisons de nombreux hommes et surtout femmes qui portent des énormes troncs de bois sur leur tête en direction du village en contrebas. Un vrai spectacle. Nous croisons un groupe de quatre enfants avec à sa tête Bixenti. Nous leur offrons d’autres effets de notre voyage. A notre retour, nous trouvons notre chambre avec un tapis de marguerites, des arômes disposés sur nos oreillers et dans un vase et une coupe de fruits. Nous commandons une bonne bouteille de vin et un bon feu pour l’apéro dans notre chambre. Puis, nous nous attablons à notre table réservée à côté du feu dans le restaurant de l’hôtel et dégustons une nourriture bien raffinée à notre goût.

Il faut maintenant se diriger vers « la sortie ». Nous rejoignons ce jour Lilongwe pour prendre l’avion demain midi. Nous quittons notre chambre vers 11h pour prendre une navette de l’hôtel. Nous attendons le chauffeur une bonne demi-heure, personne ne sachant très bien où il a pu aller. 12h, nous nous installons dans un minibus pour Lilongwe. Comme d’habitude, il faut attendre qu’il se remplisse avant de partir. Nous attendrons plus de deux heures, un record. Ceci permet à mon ange de troquer une paire de chaussures et quelques habits contre deux épis de mais et huit sucettes. Normalement, le trajet dure quatre heures. Au moment où nous avons embarqué à midi, nous pensions arriver vers 16h. Finalement, c’est à 20h que nous sommes débarqués de nuit dans Lilongwe après de multiples arrêts, des déviations sur des pistes et autres embouteillages. Mais nous avons un regard un peu différent à l’occasion de ce dernier voyage en Afrique, sur les villages que nous traversons et les paysages qui se colorent au coucher du soleil. Nous partons de suite à la recherche d’un hôtel en empruntant exclusivement l’axe principal de la ville, désert. Heureusement, de nombreuses voitures passent ce qui assure un minimum de visibilité. Après un premier échec (complet), nous trouvons notre bonheur. Il est 20h30, nous partons diner au restaurant du coin. 22h, nous retrouvons notre lit après une journée pas aussi simple que nous la pensions.

Lever 7h, départ 8h. Nous cherchons un moyen de rejoindre l’aéroport à quinze kilomètres de la ville. Nous nous rencardons auprès des minibus et l’un d’eux acceptent de nous y emmener. Au bout de cinq bonnes minutes, nous nous apercevons qu’il va dans la direction opposée. Nous lui faisons remarquer (heureusement que nous connaissions un peu la ville) et demandons à descendre. Il faut revenir à notre point de départ pour trouver une autre solution. Nous nous dirigeons vers les taxis qui une fois de plus sont trop chers à notre goût. Nous essayons de troquer quelques affaires, mais rien y fait, nous ne parvenons pas un accord. L’un d’eux nous conseille d’aller voir un lodge qui semble faire des navettes vers l’aéroport. Nous y allons et après de longues amabilités, nous parvenons à trouver un mini bus et son pilote. Il est 9h30, notre vol part à 13h, nous sommes dans les temps. Nous discutons avec David durant ce court trajet. C’est une fois de plus un plaisir d’échanger nos impressions et nos souvenirs. Les Malawiens sont décidemment un peuple particulièrement gentil. Il s’arrête pour acheter un kilo de mandarine qu’il nous offre. Nous le remercions en lui offrant nos dernières affaires. Nous échangeons nos adresses mails et nous nous disons au revoir, comme de bons amis. On aurait pu faire pire comme dernier contact avec l’Afrique !

Le vol est quand a lui annoncé avec deux heures de retard. Ceci ne nous arrange pas trop car nous avons une correspondance à Addis Abeba de trois heures. On nous informe que l’avion arrivera à l’heure car finalement il ne fera pas escale en Zambie comme prévu initialement… étonnant ! Je profite de ces derniers moments africains pour sortir à l’extérieur de l’aéroport et discuter avec les « taximen ». Ils vont nous manquer mais certainement pas autant que nos proches qui nous attentent. Nous embarquons vers 15h mais une panne d’ordinateur oblige la compagnie à effectuer un placement libre. Et logiquement, trois personnes se retrouvent dans l’avion… sans siège disponible. Deux acceptent de descendre en prenant les choses avec philosophie mais le dernier ne veut rien entendre et sa carrure de boxeur poids lourd ne laisse la place qu’à la négociation. Rien à faire. Le commandant demande s’il existe un volontaire pour descendre et par miracle une personne accepte. Nous pouvons décoller. Il est 16h. Pour terminer, un peu avant notre atterrissage à Addis Abeba, mon ange m’explique qu’elle a fait respecter sa place d’attente pour les toilettes : le même mec qui ne voulait pas descendre était passé devant tout le monde et il était entré dans les toilettes avant que ma petite blonde l’en déloge malgré ses « What ? » menaçants… J’aurai aimé voir ça !

Il est 7h30 ce samedi matin. Fin du voyage et beaucoup d’émotions lorsque nous apercevons nos familles à notre arrivée. Nous savourons ces instants uniques en allant prendre un petit déjeuner. Le retour est de loin plus joyeux que le départ. Nous partons ensuite pour Fontainebleau.

Nous ne sommes pas tristes de rentrer. Nous avons accompli un rêve et nous sommes comblés. Nous souhaitons particulièrement vous remercier pour votre soutien continu durant ce voyage. Vos encouragements nous ont portés et vous savoir à nos côtés durant ce périple était une source importante de motivation. Nous sommes maintenant impatients de tous vous revoir.

On vous fait plein de bisous

Armelle & Flo






6 commentaires:

Familia Dehelly a dit…

Bravo pour cette année d'aventures...cela nous fait presque bizarre de vous savoir rentrer en France, on commençait à s'habituer à aller lire votre blog...
Hasta proto
Kiki et Nico.

Anonyme a dit…

Coucou!
quelle belle expérience! j'ai hâte que vous me racontiez même si j'ai été une lectrice assidue de vos aventures!
j'ai perdu tous mes contacts mail, Armelle peux-tu me redonner ton adresse, adelinebouvier@hotmail.fr
gros bisous et à très vite!
Adeline

E. a dit…

c'est avec une certaine émotion que je viens de lire ce dernier post. Lire vos aventures (même si je ne l'ai pas fait au quotidien) m'a vraiment fait rêver et j'ai du mal à croire qu'il vous ait fallu du soutien et de la motivation...
Si jamais le goût de l'écriture vous donnait envie de nous raconter votre retour et votre ré-acclimatation, n'hésitez pas...
J'imagine qu'aujourd'hui, c'est ici que vous attend "un autre monde"

Jaaf a dit…

Que d'émotions ! Bravo
Ca serait drole de continuer sur le blog version vie parisienne ;-)
a tres bientot

Unknown a dit…

Felicitations à vous 2 ! Quel périple si magnifiquement conté et quel courage surtout! Mission accomplie donc... A quand la prochaine ? :D

Keep in touch !

Namoure

Anonyme a dit…

Welcome back, et félicitations pour cette magnifique aventure, dont les récits m'ont procuré de belles évasions!!
Bises
Annabelle