16 oct. 2008

Las Islas Uros

12 oct 2008

9h30 dimanche matin, d’un pas allégé et détendu, nous nous dirigeons doucettement vers le port de Puno, pour une journée de vacances de plus. Nous embarquons à bord d’un petit bateau à moteur, accompagnés de quelques touristes péruviens, en direction des iles flottantes de Uros sur le lac Titicaca.

Ces iles, à une demi-heure de Puno, sont au nombre approximatif de vingt et sont d’une superficie de 600m² tout au plus. Chacune est habitée par 3 à 10 familles Uro Aymaras, qui construisent leurs maisons de nattes de totora ou roseaux. Ces iles artificielles sont faites de roseaux morts posés sur un bloc de roseaux vivants plus ou moins lestées d’une ancre ce qui donne de la légèreté et de la souplesse lorsque l’on marche dessus.

Les Uros s’appellent eux mêmes kotsuna, « le peuple lac » et leurs origines remontent aux époques antérieures aux incas. Ils conservent la tradition de la pêche artisanale et aussi celle de la chasse aux oiseaux. Les hommes sont d’habiles conducteurs de radeaux en totora et les femmes d’adroites tisseuses. Les radeaux permettent de se déplacer d’iles en iles. Une école primaire est installée sur l’ile principale sur laquelle on trouve un minimarket (vraiment mini), un restaurant, un téléphone et un service postal. Les iles les plus importantes vivent également de l’artisanat local à destination des touristes.

En s’éloignant du port, nous ne pouvons nous empêcher de penser à Lausanne et à son lac. La ville de Puno est construite de la même manière, à flanc de colline et le long du lac. Les finances des habitants de Puno sont bien sûr moindres et les façades des maisons en sont un bon exemple. Ceci étant, Sanae et Jaaf, c’est le moment d’investir… dans vingt ans, ça sera trop tard !

Nous débarquons sur l’ile Quona uma. Nous sommes accueillis par le « chef », qui doit être le seul à parler l’espagnol puisque ces habitants ont conservé leur dialecte, le aymara. Il nous explique la construction de leurs iles et leur mode de vie. Cette ile regroupe six familles dans six petites maisons. Les femmes sont vêtues de façon traditionnelle et portent au bout de leurs longues nattes noires des pompons. Ces pompons ont une signification : une señorita les porte au bout de ses nattes tandis que la señora (mariée) les porte de la même façon mais ses deux nattes sont reliées entre elles.
Nous profitons de ce paysage si particulier dans lequel on a l’impression d’être dans un autre monde. Un lagon entouré de roseaux regroupe ces quelques vingtaines d’iles couleur or sous un ciel azur. L’atmosphère y est paisible.

Puis nous embarquons, à la proposition du « chef », sur l’un de ces radeaux tout en roseaux aux têtes de dragons. Après une petite promenade le long des rives, nous sommes déposés sur une ile. Elle est composée de dix familles. Nous en faisons rapidement le tour et nous nous arrêtons devant une étale d’artisanat. Nous sommes bien évidemment conviés à rapporter un souvenir de notre voyage sur les iles Uros. C’est le début d’une enrichissante rencontre qui durera la journée. Nous expliquons avec nos mots à cette jeune femme, que ses souvenirs sont très jolis mais que nous voyageons pendant un long moment et que nous ne pouvons pas nous surchargés. Puis, après quelques minutes Flo me dit « à défaut de pouvoir acheter un souvenir, proposons lui notre aide pour vendre ces produits ». C’est chose faite et Maluja accepte de bon cœur. Elle s’est prise au jeu et nous aussi. Elle nous raconte l’histoire des différents objets. Rapidement, nous faisons l’attraction des enfants de l’ile. Nous leur expliquons que nous venons de France surpris de constater que cela se trouve ni en Amérique du Sud ni en Amérique du Nord. Nous leur montrons sur un tout petit planisphère où se situe notre pays. Ils sont très amusés par la petitesse de la France et que cela puisse être si loin de chez eux. Très rapidement, ils accaparent Flo pour qu’il leur apprenne « les choses de chez nous » et surtout comment compter en français. Il se débrouille comme un chef et les enfants, très curieux, manifestent leur joie de cet apprentissage, surtout Marie Cruz, une jeune fille qui le trouve tout à fait à son goût. Pendant ce temps, Maluja m’explique qu’elle est née sur cette ile, est partie petite fille pour Lima où elle a appris à parler espagnol. Elle y a travaillé et est revenue à ses racines avec son mari, qui tient le restaurant, et leur petite fille de trois ans. Le changement a été brutal et elle reconnait que la vie sur l’ile n’est pas facile mais que le cadre de vie est tellement paisible que ça vaut toute la modernité du monde.
Nous faisons également l’attraction des autres touristes qui débarquent au fur et à mesure. L’objectif est atteint, ils s’empressent de plus en plus autour de l’étale de Maluja, les objets se vendent bien, nous sommes sur tous les feux. Flo vend un mobile pour enfant à un couple d’anglais, me suggère de faire une démonstration de mes talents en zampoña. L’atmosphère est joyeuse et des éclats de rires fusent dans tous les sens. Puis vient l’heure de la chanson. C’est encore au tour de Flo … et c’est un « frère Jacques » interprété dans toute sa splendeur : la nouvelle star 2008 est sans conteste au Pérou. En contrepartie nous avons la chance d’entendre une petite fille de quatre ans nous chanter sa chanson.
Nous passerons plusieurs heures avec les habitants de cet ilot à partager leur quotidien et leur joie de se rencontrer. 16h30, il est l’heure de rentrer à Puno. Nous faisons nos adieux. Juste avant d’embarquer, Maluja nous offre un de ces mobiles, un Condor qui veille sur un radeau en totora dans lequel se trouve un enfant… notre premier cadeau de naissance. Nous sommes très gênés par ce cadeau mais très touchés nous l’acceptons de bon cœur.

Nous repartons avec le souvenir ému de cette rencontre qui a fait de cette journée un moment inoubliable. Nous en profitons pour prendre notre première moto taxi au port qui nous donne plus l’impression d’être en Asie qu’au Pérou.
Nous nous couchons fatigués, la tête dans les Islas Uros.

Armelle et Flo











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